Les trafiquants utilisent autant la violence psychologique que physique pour garder les victimes auprès d'eux.

Étude sur le trafic humain: les conclusions dévoilées aujourd'hui

La presque totalité des personnes faisant l'objet de trafic humain dans la région d'Ottawa-Gatineau proviennent d'ici.
Plus précisément, selon des spécialistes en la matière, 90% des victimes «marchandisées» à Ottawa viennent de la région et sont Canadiennes.
Les conclusions du projet imPACT, dont les premières lignes ont été dévoilées dans LeDroit en février dernier, seront rendues dans leur totalité aujourd'hui, à Ottawa.
L'étude menée par les chercheuses Elise Wohlbold et Katie LeMay a duré neuf mois. Cette recherche constitue l'une des plus complètes du genre au pays.
Les expertes ont étudié la traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle, en interrogeant 140 femmes et filles victimes de ce genre de trafic. «Les jeunes sont particulièrement vulnérables, et encore plus lorsqu'elles sont marginalisées par rapport à leur race, leur orientation sexuelle, leur classe sociale, leur handicap», avertit Mme Wohlbold.
Les trafiquants utilisent autant la violence psychologique que physique pour garder les victimes auprès d'eux.
Après avoir dressé le portrait et révélé les difficultés reliées au trafic de personnes, imPACT proposera un plan d'action incluant la sensibilisation et l'éducation, la définition du trafic de personnes, et la formation auprès des professionnels. Ce plan d'action doit être mis en place en 2014 et en 2015. Le groupe veut parler aux jeunes et leur dire que les lois les protègent, et que des professionnels existent pour leur éviter d'entrer dans cet enfer.
Marché de plus de 25 M$
En février dernier, LeDroit rapportait que la traite de personnes à Ottawa représentait un marché de plus de 25 millions$ par année. «Et ces chiffres sont très conservateurs», avait alors expliqué Elise Wohlbold.
L'organisme Personnes en action contre la traite des personnes d'Ottawa (PACT-Ottawa) étudie le phénomène des deux côtés de la médaille: auprès des filles et de leurs clients.
Dans le cas des traites de personne à caractère sexuel, les proxénètes s'enrichissent considérablement au profit de filles et de femmes brisées par la menace et la violence. «Ces filles ne reçoivent rien. Elles ne touchent pas à l'argent», rappelle-t-elle.