Le défenseur des Panthers Erik Gudbranson n'aime pas voir ses rivaux floridiens connaître autant de succès en séries.

Erik Gudbranson est un capitaine en devenir

Erik Gudbranson aurait pu abdiquer. Tracer un trait sur cette saison de misère. Entreprendre avant les autres son programme d'entraînement pour la saison morte.
Il a choisi de faire tout le contraire.
Deux semaines jour pour jour après avoir subi une blessure assez sérieuse à un genou, le défenseur franco-ontarien des Panthers a repris l'entraînement. Il a retrouvé ses coéquipiers pour la première fois, hier matin, sur la patinoire du BB & T Center.
Son retour au jeu ne saurait tarder.
«Si tout se passe comme prévu, s'il ne subit pas de rechute, il pourrait facilement jouer jeudi», annonce son entraîneur, Peter Horachek.
Il restera alors neuf matches à jouer en saison régulière. Les Panthers ne sont pas encore mathématiquement éliminés, mais ils sont enfoncés encore plus profondément dans la dèche que les Sénateurs, alors...
Pourtant, Gudbranson juge qu'il est «très important» de revenir.
«Je n'ai pas connu une saison facile, tout le monde sait ça. Ça ne me donne pas le droit d'emprunter la sortie de secours. Ma place est sur la glace avec mes coéquipiers. Je veux commencer à construire quelque chose avec mon équipe. Le meilleur temps pour commencer à construire, c'est maintenant», décrète-t-il.
«Je sais que tout le monde dit ça, mais dans notre cas, c'est vrai. La saison morte sera déterminante pour notre équipe. La saison morte sera déterminante parce que la saison prochaine sera celle où ça passe ou ça casse. Nous devons absolument commencer à nous diriger dans la bonne direction», ajoute-t-il.
Il parle comme un vrai capitaine.
Un vote de confiance
C'est d'ailleurs curieux. Dans une récente entrevue accordée à une station de radio de la région de Fort Lauderdale, le directeur général des Panthers Dale Tallon a laissé entendre que le défenseur de 22 ans est appelé à porter, un jour, le «C» sur son chandail.
Oui, Gudbranson est jeune. La jeunesse n'a pas l'air d'effrayer les directeurs généraux et les entraîneurs de la LNH ces temps-ci.
Jamie Benn, Dustin Brown, Sidney Crosby, Gabriel Landeskog, John Tavares et Jonathan Toews ont hérité de cet important rôle de leader avant d'avoir 25 ans.
«Ce n'est pas la première fois qu'on m'en parle. C'est plutôt gentil de la part de Dale de m'accorder ce vote de confiance. Franchement, je dois dire que ça n'occupe pas beaucoup de place dans mon esprit. J'essaie juste de me comporter comme il se doit chaque jour. Tant mieux si je peux inspirer et aider d'autres joueurs.»
Gudbranson ne se préoccupe pas davantage de son prochain contrat. Il devra pourtant être négocié avant l'ouverture du prochain camp d'entraînement. «Mes agents sont bien payés. Leur rôle consiste à s'occuper de tous ces dossiers. Ils vont s'occuper de me négocier un bon contrat. Moi, pendant ce temps, je vais penser au hockey. Je vais jouer comme il se doit, je serai robuste, je vais m'occuper de bien faire les choses dans mon territoire.»
Essayer de ramener les Panthers sur le chemin de la victoire, aussi, peut-être?
«J'imagine qu'il faut apprendre à perdre. Perdre, c'est terrible. C'est la pire chose qui peut arriver à un joueur de hockey. Apprendre de ses échecs, c'est quand même important.»
«Je suis convaincu qu'il y a suffisamment de talent dans le vestiaire des Panthers pour former une équipe gagnante», complète-t-il.