En mai 2011, une explosion à l'école secondaire Mother Teresa dans le secteur Barrhaven, avait fait une victime. La déflagration avait infligé des blessures mortelles à Eric Leighton, 18 ans.

Eric Leighton n'aurait pas pu survivre

Eric Leighton ne pouvait pas survivre à l'explosion dont il a été victime, au printemps 2011. C'est le triste constat qu'a dressé un médecin, lundi, au premier jour de l'enquête du coroner sur son décès survenu à l'école secondaire catholique Mother Theresa.
L'étudiant de 18 ans a été soufflé par une très forte déflagration, le 28 mai 2011, alors qu'il sciait un baril de métal à l'aide d'une meule, dans un atelier de l'école. Le projet scolaire de fabriquer un barbecue devait être son dernier avant la fin de l'école. Eric Leighton en était à sa dernière semaine de classe. Il était sur le point d'obtenir son diplôme d'études secondaires.
Lundi marquait la première journée de l'enquête du coroner. La Dr Louise McNaughton-Filion préside les audiences devant jury et membres du public, dont les parents de la victime.
Le procureur du coroner, Me Robert Wadden, doit faire entendre 16 témoins d'ici deux semaines. Mme McNaughton-Filion a expliqué aux cinq jurés qu'ils devaient se faire une idée de la façon dont les choses s'étaient déroulées, et ensuite aider les autorités à améliorer la sécurité dans les écoles de la province. « Ce décès doit au moins permettre à tirer des leçons », a dit Mme McNaughton-Filion. Le jury devra ensuite émettre des recommandations.
Aucune chance
Le docteur Christopher Milroy, qui a pratiqué l'autopsie sur le corps du jeune homme, a confirmé que son décès était attribuable à plusieurs traumatismes à la tête. Il a observé une fracture du crâne, des lésions au cerveau et des lacérations importantes au visage.
Un paramédic d'Ottawa, Jason St-Pierre, a d'abord constaté l'absence de signes vitaux chez la victime, qui gisait au sol de l'atelier de l'école.
L'impact d'une partie du baril sur la tête « était clairement très important », a déclaré le Dr Milroy. La victime était inconsciente dès le départ.
« Les dommages au cerveau étaient irréversibles », a confirmé le pathologiste médico-légal. Tentant de ménager les sentiments des parents qui se trouvaient dans la salle, le spécialiste a tout de même dû expliquer qu'une partie du crâne était « émietté » sous la puissance de la déflagration.
Le paramédic a préalablement expliqué qu'un certain « chaos » régnait sur le terrain de l'école, lorsqu'il est arrivé sur place. Plusieurs étudiants paniqués ne savaient plus où se diriger. Après avoir intubé la victime et protégé sa colonne vertébrale, les paramédics ont tenté de quitter l'école le plus rapidement possible. Cependant, le retour de l'école au campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa a été retardé parce que de nombreux véhicules bloquaient la sortie. Les paramédics ont été sur la scène pendant 16 minutes.
Matière dangereuse
Le policier d'Ottawa Perry Pidescombe a décrit les photos qu'il a prises de la scène, après les événements. L'une d'elles présente l'étiquette collée sur le baril métallique avec des mentions de dangerosité et le terme « Pepermint Oil » (huile de menthe). À l'époque, l'information selon laquelle les vapeurs de cette huile pouvaient représenter un danger d'explosion a largement circulé. Cette thèse reste et n'a pas été confirmée par l'enquête qui se déroule cette semaine et la semaine prochaine.
Les parents du jeune élève ont longtemps réclamé la tenue d'une telle enquête, croyant que le drame aurait pu être évité. Patrick et Sheri Leighton souhaitaient que l'enquête mène à des changements dans la manière dont les écoles de la province encadrent les ateliers de métiers.
La Cour supérieure de l'Ontario a déjà condamné l'Ottawa Catholic School Board à payer une amende de 275 000 $, après qu'une enquête du ministère du Travail eut déterminé que le personnel de l'école secondaire Mother Teresa avait mal entreposé le baril après l'avoir lavé à l'aide d'un nettoyant inflammable.