Victoria, qui fête aujourd'hui son premier anniversaire, avait l'air de trouver bien intéressant ce micro de reporters présents lundi à Ottawa pour assister à la conférence de presse de Facebook Canada qui annonce que les alertes Amber sont disponibles sur son réseau. On aperçoit la bambine dans les bras de son père, Simon Boisclair. 

Entre vie privée et sécurité des enfants, Facebook préfère la deuxième option

L'homme d'affaires gatinois spécialisé dans la lutte à l'exploitation des enfants sur Internet, Antoine Normand, voit d'un bon oeil l'utilisation des données de géolocalisation des abonnés de Facebook pour diffuser automatiquement des alertes Amber.
Les abonnés canadiens de Facebook - 16 millions d'utilisateurs quotidiens au pays - verront apparaître automatiquement les photos et informations sur des enfants disparus, dans leur fil d'actualité.
Le réseau social transmettra l'alerte des autorités policières aux utilisateurs se trouvant dans la région où a été vu l'enfant pour la dernière fois.
L'alerte Amber fera parvenir aux internautes une photo, le nom et une description de l'enfant disparu, ainsi que l'identité, la description et le numéro de plaque d'immatriculation de la voiture du suspect.
Facebook, comme d'autres réseaux sociaux, peut faire l'objet de critiques sur le respect à la vie privée. Cette fois, selon M. Normand, les informations sur l'emplacement des utilisateurs de Facebook sont utilisées à bon escient.
«Compte tenu du fait qu'il s'agit de la vie d'un enfant, c'est une bonne idée», affirme-t-il.
Cette façon d'enregistrer les données sur la géolocalisation et les informations sur les profils d'abonnés fait partie du plan d'affaires de plusieurs réseaux comme Facebook ou Twitter, rappelle M. Normand. «On indique qu'on est dans un pays étranger et voit ensuite des publicités d'une compagnie aérienne de l'endroit. Ces informations (pouvant relever de la vie privée), les réseaux les possèdent déjà.»
Facebook publie les alertes Amber à ses abonnés américains depuis le mois de janvier. L'idée pourrait être reprise sous peu en Europe.
Le réseau social a permis, en 2014, de retrouver un enfant né à Trois-Rivières enlevé par une femme qui s'était fait passer pour une infirmière.
La petite Victoria avait été retrouvée trois heures plus tard, grâce à la vigilance d'utilisateurs de Facebook, éclairés par les informations qui avaient circulé à propos de l'enfant et de la suspecte.