Encore et toujours le référendum!

Pauline Marois veut interdire le port du voile pour les employés de l'État, mais elle garde le voile sur ses intentions concernant ses intentions référendaires. C'était on ne peut plus évident vendredi matin, pendant son point de presse aux côtés de Pierre Karl Péladeau et de Bernard Drainville. Un point de presse frustrant pour Drainville qui n'a eu que deux questions... en anglais... sur sa charte, alors que Pierre Karl Péladeau a été interpellé à plusieurs reprises sur la souveraineté.
Retour à Pauline Marois: elle n'a pas aidé sa cause, jeudi soir, en annonçant qu'il n'y aurait «pas de référendum tant que les Québécois ne seraient pas prêts»? Au lieu d'éteindre le débat sur le sujet, sa nouvelle ligne de presse n'a fait que piquer davantage la curiosité des journalistes. Quels seront les critères objectifs et subjectifs permettant de savoir si les Québécois sont prêts? Un sondage sera-t-il suffisant? Ce sera quoi le minimum pour déterminer si les Québécois sont prêts?
C'est comme si le Parti québécois avait ouvert un tout nouveau chapitre dans cette saga. Mme Marois a eu beau répéter que cette élection ne portait pas sur le référendum, ses réponses n'ont pas fermé le dossier.
C'est bien intentionnellement que les stratèges du Parti québécois ont fait les manchettes avec leur nouvelle ligne de presse sur le référendum.
À 20h07 jeudi soir, avant même le début du débat, j'ai reçu ce courriel de l'adjoint politique d'un ministre: «Salut Gilbert, on va passer la soirée ensemble. Je vais t'envoyer des lignes de temps en temps. La première est claire: il n'y aura pas de référendum, dit Mme Marois.»
Simultanément, une pléiade de ministres, députés ou adjoints politiques du gouvernement Marois ont envahi le fil de Twitter avec le même message, mais en plus complet: «Pas de référendum, tant que les Québécois ne seront pas prêts.» C'était une opération bien orchestrée. Une opération qui peut surprendre de la part du PQ qui cherchait à évacuer cette question de la campagne depuis plusieurs jours. Visiblement, on espérait éteindre la controverse. C'est l'inverse qui s'est produit. En faisant de la question référendaire la manchette des médias sociaux et des journaux du lendemain, le gouvernement lui a donné une nouvelle vie. Cette ligne de presse ne leurre personne parmi les 66% des Québécois qui ne veulent pas revivre une aventure référendaire. Elle n'offre aucune garantie.
Vendredi matin, le Parti québécois a tenté de faire porter le débat ailleurs en achetant deux pages de publicité dans les journaux. «Une majorité veut une charte. Seul le PQ est déterminé à l'adopter», disait le premier message. «Une majorité veut profiter des richesses du pétrole d'Anticosti. Le PQ est le seul déterminé à s'y engager», disait le deuxième. On aurait pu compléter par un troisième message: «Une majorité ne veut pas de référendum. Seul le PQ refuse d'obtempérer...»
Le cas Nadon
Les péquistes avaient l'habitude de dire que la Cour suprême était comme la Tour de Pise, qu'elle penchait toujours du même bord, celui du fédéral.
Il était amusant, hier, d'entendre le ministre Alexandre Cloutier vanter la décision de la Cour suprême d'invalider la nomination du juge Marc Nadon. M. Cloutier a vanté le travail des procureurs du gouvernement du Québec qui ont plaidé la cause devant le plus haut tribunal du pays.
Il aurait pu mentionner que c'est un avocat de Toronto qui a lancé la contestation.
Cette décision de la Cour suprême est une énorme gifle à l'endroit du gouvernement Harper, qui a eu le front de choisir un juge de la Cour fédérale, qui habite en Ontario depuis une vingtaine d'années, pour occuper un siège attribué au Québec au sein du plus haut tribunal du pays.