«On a une université qui a une programmation inachevée, on a besoin d'aide de la part du gouvernement du Québec. On a besoin d'aide maintenant », affirme le recteur Jean Vaillancourt.

Éducation en Outaouais: des millions nécessaires

La promesse d'un statut particulier en éducation doit «absolument» être chiffrée, selon le recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Jean Vaillancourt, alors que ce n'est pas nécessaire si l'engagement consiste en un véritable «plan de rattrapage», soutient le président de l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur de l'Outaouais (ACESO) et directeur général du Cégep de l'Outaouais, Frédéric Poulin.
«À partir du moment où le gouvernement est sérieux et qu'il s'engage réellement dans un plan de rattrapage dans le secteur de l'éducation supérieure, le financement devra suivre automatiquement, ajoute M. Poulin. Parce que dès qu'on se met en mode rattrapage pour vrai, ça veut dire plus de programmes rapidement, plus d'étudiants, des besoins d'espace plus importants et donc des nouvelles infrastructures. Ça prend de l'argent ça.»
À vue d'oeil, promettre sérieusement un statut particulier en éducation pour l'Outaouais implique plusieurs dizaines de millions de dollars et un plan qui s'échelonne sur plusieurs années.
Plus tôt dans la campagne, les candidats libéraux de la région se sont engagés à doter l'Outaouais d'un tel statut particulier, mais ils ont catégoriquement refusé de le chiffrer. La députée de Hull, Maryse Gaudreault, a affirmé que chiffrer une telle promesse serait «contraignant». La promesse des libéraux tient actuellement à une grille d'évaluation particulière à l'Outaouais pour traiter les demandes de la région en terme d'offre de formation et un traitement en accéléré de ses demandes. L'engagement ne comprend pas d'échéancier pour redresser la situation et ne précise pas le rythme de croisière à imposer pour réaliser le rattrapage souhaité par l'ACESO.
Le réseau de l'éducation se dit pour sa part prêt à réagir dès l'entrée en vigueur de ce statut particulier. «Nous ferons parvenir à Québec la liste des programmes que nous souhaitons obtenir demain matin si on nous confirme la mise en place de ce plan de rattrapage, lance M. Poulin. Nous sommes prêts. La liste est prête depuis deux ans.»
Des millions pour l'UQO
Le recteur Vaillancourt n'est pas en reste. Son institution pourrait aussi rapidement être en demande pour de nombreux programmes. C'est le cas pour un baccalauréat en kinésiologie sur lequel l'UQO travaille actuellement, ainsi que pour différents programmes de sciences de la santé et la pharmacie. «Nous allons aussi discuter très prochainement d'une maîtrise en biologie, ajoute le recteur. On chemine à toute vitesse.»
L'UQO a toujours dans ses cartons la construction d'un Pavillon des arts, dont les coûts sont évalués à 38 millions$. Avec la venue d'une faculté satellite de médecine de l'Université McGill, les formations en santé pourraient devoir se multiplier dans la région.
À cet effet, l'UQO projette aussi la construction d'un autre pavillon, celui des sciences de la santé. Le projet nécessiterait lui aussi plusieurs millions d'investissement.
L'anglais à la faculté
Jean Vaillancourt affirme avoir eu des discussions avec la haute direction de la Faculté de médecine de l'Université McGill et il a indiqué s'être entendu avec l'institution pour que la formation en médecine puisse être offerte à Gatineau, en français, le plus rapidement possible.
«C'est une position à laquelle nous sommes parvenus cette semaine, a-t-il dit. McGill a toutefois la volonté de desservir la région le plus vite possible en terme de formation et c'est dans ce contexte que le démarrage se fera en 2016, avec une partie de la formation en anglais.»