Lise Thériault

Écoutes électroniques: les libéraux demandent des explications à Marois

Les libéraux soupçonnent la première ministre Pauline Marois d'avoir voulu préserver les intérêts de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) concernant la demande d'une commission d'enquête sur la construction.
La députée Lise Thériault a réclamé des explications à Mme Marois après le dépôt en preuve, mardi, d'une écoute électronique devant la commission d'enquête présidée par la juge France Charbonneau.
Lors d'un point de presse, Mme Thériault a cité des extraits de la conversation enregistrée par la police, en février 2009, dans laquelle l'ex-président de la centrale Michel Arsenault évoque une entente avec le mari de Mme Marois, Claude Blanchet, ancien président du Fonds de solidarité de la FTQ.
Selon la députée libérale, les propos de M. Arsenault indiquent que les dirigeants du syndicat souhaitaient dissuader le Parti québécois, qui formait alors l'opposition officielle, de réclamer une enquête publique.
À la presse parlementaire, Mme Thériault a reconnu qu'elle n'a observé aucun geste du PQ indiquant qu'il aurait pu vouloir éviter qu'une enquête publique soit mandatée pour préserver les intérêts de la FTQ.
L'entourage libéral a cependant souligné que le PQ a mis cinq mois avant d'emboîter le pas à l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui a commencé à réclamer une commission d'enquête en avril 2009.
Dans la conversation diffusée devant la Commission Charbonneau mardi, M. Arsenault parle avec l'ex-président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, qui est à la barre des témoins cette semaine.
M. Arsenault explique qu'il a l'intention de discuter avec Mme Marois et il fait référence à un «deal» avec M. Blanchet, sans en révéler la teneur.
Lors d'un point de presse, le chef libéral Philippe Couillard a lui aussi réclamé des explications à Mme Marois au sujet de la conversation enregistrée.
«Ce qu'on a entendu, c'est qu'il y a eu un deal, mais je pense que tout le monde au Québec veut savoir c'était quoi, le deal, a-t-il dit. Maintenant, c'est à Mme Marois de répondre, de la même façon que je suis venu vous voir quand on aura, quand on a eu ou qu'on aura peut-être encore des enjeux.»
Mme Thériault a pour sa part évoqué la possibilité d'un conflit d'intérêts relativement aux échanges déposés en preuve.
«Je me demande sincèrement: est-ce qu'il n'y a pas un moyen de pression indue sur la première ministre pour des choses qui ont été faites avec son mari», a-t-elle dit.