À Ottawa, une centaine de manifestants ont dénoncé l'intervention militaire russe en Ukraine.

Du support d'Ottawa pour les Ukrainiens

Les yeux de la planète continuent d'être tournés vers l'Ukraine. Après le départ du président Viktor Ianoukovytch et la mise en place d'un nouveau gouvernement, voilà que la Russie envoie des militaires en Crimée. Le président américain, Barack Obama, dénonce la manoeuvre, tout comme des manifestants l'ont fait à Ottawa samedi et dimanche.
«Poutine, go home» (Poutine, retourne à la maison), scandait la foule d'une centaine de personnes. Le regroupement aux origines diverses a dénoncé l'intervention militaire russe en Ukraine devant l'ambassade de la Russie à Ottawa, samedi. Hier, c'était devant l'ambassade américaine sur la promenade Sussex.
Bohdan Sawka, né en Allemagne de parents ukrainiens, a voulu démontrer sa solidarité avec des membres de sa famille qui résident toujours en Ukraine. Même son de cloche chez Tetiana Sirskyi, une Canadienne dont les grands-parents ont émigré d'Ukraine après la Deuxième Guerre mondiale. Elle espère également que l'événement permettra de sensibiliser davantage de gens à la situation actuelle.
«Poutine a perdu Ianoukovytch qui était sa marionnette, c'est sa tentative de reprendre le contrôle», lance la jeune femme. «Obama doit démontrer qu'il a des couilles et intervenir. [...] Il faut que l'Ukraine ait une chance d'être réellement indépendante.»
À travers les drapeaux bleu et jaune, une affiche attirait l'attention. On pouvait y lire «I'm Russian, and I'm ashamed» (Je suis russe, et j'ai honte). L'homme qui tenait cette pancarte s'appelle Vasily Ponomarev. Il fait partie des opposants du président russe Vladimir Poutine qui ont pris la rue lors de son retour au Kremlin en 2012.
Depuis un an et demi, Vasily réside au Canada. D'ici, il continue de s'opposer aux politiques de Poutine. Un gouvernement de «voleurs» et de «bandits», affirme l'homme sans hésitation. En parlant à sa famille toujours en Russie, il soutient qu'on remarque tout de suite que les médias russes cachent la vérité à sa population.
«On dit que des forces fascistes ont pris le contrôle de l'Ukraine, c'est de la foutaise. Les gens le croient, parce que si ça passe à la télévision, c'est que ce doit être vrai. Les gens sont d'accord avec l'invasion, c'est ce qui m'inquiète. [...] J'espère que les forces mondiales auront suffisamment de jugement pour ne pas en faire une grande guerre et que personne ne sera blessé.»
L'un des organisateurs des manifestations, Yaroslav, indiquait samedi être heureux de voir la réaction internationale face aux actions de la Russie. Plusieurs leaders mondiaux ont dénoncé l'intervention militaire en Crimée, dont le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird. Il espère également que les États-Unis n'hésiteront pas à envoyer des troupes sur place si les deux armées devaient ouvrir le feu.