Sans les prouesses de Carey Price, le Canadien n'aurait pas gagné le match d'hier.

Du grand Carey Price

Ça n'arrive pas trop souvent, un gardien qui accorde quatre buts mais qui aurait quand même mérité la première étoile.
Décision locale au Coffre d'outils hier soir, ce titre est plutôt allé à Erik Karlsson, qui a récolté un but et deux passes dans un match où il avait eu le dessus sur son successeur comme récipiendaire du trophée Norris, P.K. Subban. Sauf que ce dernier a eu le dernier mot avec le but gagnant en prolongation quand il a profité d'une largesse de Craig Anderson.
Reste que sans Carey Price, nommé la deuxième étoile avec ses 40 arrêts dont une multitude de spectaculaires, on s'entend qu'il n'y aurait même pas eu de match.
Deux fois à la fin de chacune des deux premières périodes où ils ont totalisé 38 lancers, les Sénateurs ont fini par avoir le gardien qui ira aux Olympiques de Sotchi à l'usure. Ça a tout pris, à part ça.
«Je sais qu'il est mon coéquipier et je ne veux pas manquer de respect aux autres gardiens, mais j'ai de la misère à trouver un autre gardien au monde qui est meilleur que lui. De la façon qu'il joue cette saison, il est le meilleur au monde à mon avis», a lancé Subban dans le vestiaire des gagnants.
«Regardez la vidéo, c'est assez incroyable... Mon but, ce n'était pas un grand tir, mais la rondelle s'est faufilée et je vais le prendre. On a trouvé un moyen de gagner, mais 'Pricey' a eu son gros mot à dire là-dedans», a ajouté Subban, conspué par les partisans locaux à chaque fois qu'il touchait la rondelle.
Jusqu'à son but, et surtout lors des deux premiers tiers où la défensive montréalaise était complètement débordée, l'autre membre de l'équipe olympique du Canada n'avait pas connu un grand match.
Karlsson avait été bien meilleur, de quoi faire ravaler un peu ses paroles à l'animateur de la radio montréalaise Ron Fournier, qui n'en revenait pas lors de l'émission d'avant-match quand le collègue Sylvain St-Laurent lui a répondu qu'il refuserait de faire un échange Karlsson-Subban un pour un - moi aussi, d'ailleurs.
L'arrière des Sénateurs a mis fin à une disette de huit parties sans but quand il a secoué les cordages en fin de première, complétant la belle passe de Jason Spezza pour réduire l'écart à un seul but après que les visiteurs aient pris les devants 3-0.
Trois buts marqués sur à peine cinq tirs et à la place de Paul MacLean, j'aurais effectué un changement de gardien afin de tenter de faire tourner le vent, quoique les siens, qui dominaient l'ensemble du jeu tout en se butant à Price, ont réussi à le faire malgré tout.
«Mon travail, c'est de nous donner une chance de gagner et c'est tout ce que j'ai essayé de faire, nous garder dans le match et les gars sont revenus en troisième période pour jouer un bon 20 minutes. Tout le monde réalisait après deux périodes que notre effort n'était pas assez bon, puis on a profité de nos chances en troisième. Ils (les Sénateurs) ont capitalisé sur les nombreuses chances qu'ils avaient créé avec leurs habiletés, mais on savait qu'on pouvait mieux jouer», analysait un Carey Price bien calme après le match.
Difficile d'identifier son meilleur arrêt de la soirée. Celui de la jambière contre Bobby Ryan? Ou de la mitaine contre Mark Stone tout de suite après? Il y en a eu plusieurs autres également.
Après une telle performance, et avec Roberto Luongo qui est présentement blessé et Mike Smith qui en arrache, on peut certes penser que c'est Carey Price qui devrait défendre la cage canadienne le mois prochain à Sotchi, en tout cas.