C'est un label indépendant de la capitale, CP Records, qui a donné à Mia Martina l'opportunité de se faire entendre. Elle a d'ailleurs endisqué avec eux son premier cédé, Devotion l'an dernier.

Du dance à l'acadienne au Franco

Mia Martina fait courir les foules à Miami où elle a réussi à percer facilement le marché latin avec ses morceaux dance et son joli teint ambré. Pas mal pour une fille qui a grandi non pas à l'ombre des palmiers, mais bien à Saint-Ignace, petit village de 500 âmes au Nouveau-Brunswick.
L'Acadienne était récemment de passage à Ottawa pour annoncer sa participation au Festival Franco-ontarien, le 15 juin. Une belle occasion pour la chanteuse de rappeler au public ses racines francophones. « Je suis Acadienne, je suis une francophone et j'en suis très fière ! » affirme la chanteuse, qui, loin des flashs et des caméras, est plutôt réservée.
Née Martine Johnson, elle détestait, enfant, entendre les gens prononcer son prénom à l'anglaise. « Ça sonnait Martin... Je devais avoir 10 ans quand j'ai décidé d'adopter mon deuxième prénom, Mia. Puis pour la scène, j'ai ajouté un a à Martine », explique, un sourire aux lèvres, la jeune femme de 28 ans.
Épaulée d'une maman qui a gentiment fait le taxi entre la maison et les innombrables cours de danse et de chant, elle a toujours voulu chanter. Pas facile de percer l'industrie de la musique quand on habite en banlieue de Moncton. « J'ai donc décidé de laisser tomber et j'ai opté pour mon plan B. »
Ce plan B l'amène à Ottawa où elle s'inscrit en psychologie à l'Université Carleton. Pas plus heureuse sur les bancs d'école, elle accepte un stage au sein de CP Records, label indépendant fondé dans la capitale. Elle donne un coup de main à la promotion des artistes maison comme Massari et Belly. « J'ai senti que les étoiles s'alignaient enfin pour moi. J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai soumis ma démo au patron de CP Records. »
Le directeur général de CP Records, Tony Sal, est surpris par la qualité de l'enregistrement de sa timide employée, qui n'avait soufflé mot à personne de ses envies musicales. « J'étais tellement nerveuse, il m'a regardée et il m'a dit : c'est vraiment toi qui chantes ? » se rappelle en riant Mia Martina.
Puis, en 2010, une compagnie américaine spécialisée dans la musique dance est à la recherche d'une voix féminine pour enregistrer un remix du succès d'Edward Maya, Stereo Love. J-Lo ayant décliné l'offre, Mia Martina a le champ libre pour tenter sa chance. La pièce se classe au sommet des palmarès dance américains et cumule les succès au pays. Sa carrière est lancée.
Les morceaux Latin Moon/Phare de la lune et Burning suivront la même ascension.
Son premier album, Devotion, a été lancé l'an dernier. Si la mode est aux compositions dites bilingues - avec parfois un français plus que douteux - Mia Martina y voit une façon de clamer ses origines. « Je suis comme ça. Cette dualité fait partie de moi », poursuit-elle, tout en ajoutant qu'elle traduit elle-même tous ses textes. Elle planche déjà sur un deuxième album, sur lequel elle souhaiterait d'ailleurs accorder une plus grande place à sa langue maternelle. « J'aimerais toucher à un style différent, peut-être un peu plus mélo », laisse sous-entendre celle qui compte Roch Voisine parmi ses idoles. « Je rêve de chanter avec lui ! » ajoute-t-elle tout sourire. C'est noté.
POUR Y ALLER
OÙ ? Parc Major
QUAND ? 15 juin, 22 h 30
RENSEIGNEMENTS ? www.ffo.ca ou le (613) 321-0102