Dom La Nena

Dom La Nena se tourne vers le soleil

À l'écran, le sourire de Dominique Pinto, alias Dom La Nena, est aussi éclatant que le soleil baignant l'appartement de Mexico où elle a récemment retrouvé son mari et où elle profite de quelques jours de pause pour répéter en prévision de ses spectacles et cédés à venir. Face à face virtuel avec une auteure-compositrice-interprète ayant le vent dans les cordes, de ses voix et instruments.
Révélée par Ela, couronnée dans la foulée du prix Miroir (Musiques et Folklores du monde) au Festival d'été de Québec, l'an dernier, la Brésilienne d'origine et Française d'adoption mord à pleines dents dans tout ce qui lui arrive.
Ce « tout » inclut en ce moment : une tournée nord-américaine en tandem avec Piers Faccini, incluant un arrêt à La Basoche, jeudi soir ; un troisième album en gestation ; et six pièces de son premier disque, Ela, remixées par des musiciens qu'elle apprécie.
Entre les cordes sensibles de son violoncelle, son fidèle compagnon des débuts, et celles de sa guitare électrique, nouvelle complice de création, Dom La Nena se branche sur son désir « d'ouvrir les rideaux pour laisser entrer la lumière ».
« Je ne renierai jamais la mélancolie qui m'habite. Je l'affectionne particulièrement puisqu'elle n'a jamais été synonyme de tristesse pour moi ! » fait gaiement valoir l'artiste de 24 ans, jointe par Skype plus tôt cette semaine.
« Mais j'ai aussi envie d'explorer un côté plus percussif à ma musique, portée par un besoin physique de pulsation, de rythme », enchaîne-t-elle du même souffle.
Plus confiante et précise
Tourner comme elle l'a fait au cours de la dernière année, en solo ou en plateau double avec Piers Faccini, lui a permis de grandir en confiance et en précision dans ce qu'elle veut faire.
« Je suis plus épanouie et j'ai le goût d'être plus solaire, quoi ! » clame-t-elle dans un éclat de rire.
Dom La Nena ne cache pas qu'entendre les chansons d'Ela « autrement », dans des remix plus chaloupants, l'a aussi fait « réfléchir » à la suite des choses.
Proposition de relectures venant de son étiquette de disque, Ela por Eles, disponible depuis quelques jours, s'est révélé une « idée intéressante » à plus d'un niveau.
« J'ai enregistré Ela avec Piers, puis travaillé toute seule sur Golondrina (mini-album lancé fin 2013), pour laisser une trace de tous ces moments passés sur scène avec mon violoncelle, raconte-t-elle. J'ai donc toujours eu le contrôle sur ma musique... »
Pour les besoins d'Ela por Eles, l'artiste a toutefois dû accepter de lâcher prise.
« Ç'a été un exercice inspirant, au final ! Ç'a ouvert de nouveaux horizons à ma mélancolie, des dimensions auxquelles je n'aurais pas pensé... »
En attendant de voir où ces réflexions la mèneront sur le plan musical, Dom La Nena montera sur scène à La Basoche, jeudi soir, pour faire vibrer son violoncelle et sa guitare, et faire résonner quelques instruments de percussion.
Piers Faccini, qui assurera la première partie du spectacle, se fera évidemment entendre au cours de sa prestation à elle. Et vice-versa. 
« Nous sommes très présents dans la musique de l'autre, alors... »
L'auteure-compositrice-interprète profitera également de  cette occasion pour glisser quelques inédites dans son répertoire. 
« À ce stade-ci de la tournée, j'aime tester des nouvelles pièces et expérimenter avec mes nouveaux instruments, dont ma guitare électrique. »
Elle se fait rassurante, cependant : « Mon violoncelle était, jusqu'à Ela, un outil d'accompagnement, mentionne celle qui a notamment joué pour Jane Birkin. Aujourd'hui, même si j'ai envie d'autres sons, il est intimement lié à mes chansons, mon univers, parce que je ne travaille plus le matériel des autres, mais le mien. »
Son rapport à son autre instrument - sa voix - a lui aussi évolué.
« Je ne serai jamais une virtuose de la voix, soutient-elle, mais je maîtrise la mienne de plus en plus. J'en aime la fragilité, en contraste avec mon violoncelle. »
Et en contraste avec son visage inondé de lumière qui rayonne jusque dans la salle de rédaction, en direct du Mexique.