La Gatinoise Chloé Bourgeois revient au grand écran dans Diego Star, de Frédérick Pelletier.

Diego Star et l'attente de Chloé

Cinq ans après Tout est parfait, sa première incursion au cinéma, la Gatinoise Chloé Bourgeois revient au grand écran dans Diego Star, de Frédérick Pelletier. Un retour remarqué, qui lui a d'ailleurs valu une nomination aux prochains Jutra, dans la catégorie Meilleure actrice.
Chloé Bourgeois a «attendu longtemps», entre ces deux projets. Attendu qu'on lui offre un personnage qu'elle aimerait autant que Mia, cette adolescente qui, dans Tout est parfait, tentait tant bien que mal de se remettre du suicide de son amoureux.
«C'est une autre battante, Fanny, jeune maman monoparentale qui fonctionne à l'instinct de survie, même si elle s'y prend mal, souvent, dans ses relations interpersonnelles, entre autres avec les hommes. Elle se sent obligée de correspondre aux attentes des autres. J'avais parfois envie de lui secouer le pommier, de lui dire d'arrêter de se regarder le nombril!» clame-t-elle
«Mais comme avec Mia, je l'ai aimée tout de suite, cette Fanny, toujours sur la défensive, sauf quand elle se retrouve avec son fils...»
Sauf, aussi, quand Traoré (Issaka Sawadago, en nomination lui aussi pour un Jutra) débarquera chez elle, à la suite de l'immobilisation du bateau sur lequel l'Ivoirien d'origine galère depuis plus de 10 ans sans avoir la possibilité de voir grandir ses propres enfants. Car le Diego Star du titre, c'est le nom d'un cargo, qu'un incident majeur (pour lequel Traoré sera d'ailleurs pointé du doigt) laisse en rade au Québec en plein hiver.
«Je n'avais aucune idée des conditions épouvantables dans lesquelles certains marins doivent travailler! C'est une histoire d'horreur, celle de Traoré et de ses collègues!»
Payée pour l'héberger, Fanny sera déstabilisée par la présence rassurante de cet étranger. Mélange des cultures, donc, mais également - et surtout - rencontre de deux solitudes.
«Tout à fait! Quand elle parle avec lui, elle érige moins de barrières, elle se protège moins. Je trouvais ça beau, moi, ce mélange des cultures avec d'un côté moi, blanche et mesurant 5 pieds, et de l'autre, Issaka, noir et si grand...»
Il y a d'ailleurs cette magnifique image, en ombres chinoises, de leurs silhouettes dans le cadre de fenêtre en train d'observer le passage d'une souffleuse. «Quelle scène, n'est-ce pas?» lance Chloé Bourgeois.
Après avoir présenté Diego Star (en lice pour le Jutra du Meilleur film) dans plusieurs festivals à l'étranger, Chloé Bourgeois se réjouit de revenir à Gatineau où il n'a pas encore été à l'affiche et sera projeté deux fois dans le cadre du FFO.
«J'ai vraiment hâte de le montrer et d'en parler avec mon monde!» fait valoir celle qui sera justement sur place, dimanche, pour discuter du long métrage avec le public, après la représentation.