Deuxième acte, de Sally Folk

On se laisse vite enivrer par l'énergie gouailleuse et l'extravagance ensoleillée de Sally Folk, l'alter-ego scénique de Sophia Krim.
«La séduction ne fonctionne plus/Je dois briser l'imaginaire», minaude la pin-up sur Acrobate, comme pour prévenir l'auditeur du jeu d'envoûtement auquel elle s'adonne - avec un brin de coquetterie et pas mal d'ironie - sur son nouvel opus.
Ce Deuxième acte continue de conjuguer les atours insolents d'une féminité moderne à l'esprit rétro des années 1960. Quand jouer à l'ingénue bubblegum ne l'amuse plus, Miss Folk tente le swing ou la bossa nova satinée (L'hymne à sa bouche) pour nous vamper. Ou sort les griffes pour dessiner, en stray cat, des paysages rockabilly admirablement sentis (dont les perles Les rideaux clos et La Manie facile).
Le génial Michel Dagenais, qui avait supervisé le Chic de Ville de Daniel Bélanger est ici maître d'oeuvre: cocompositeur, musicien polyvalent, réalisateur et orchestrateur. Un atout incomparable.