Deux rives, une seule musique: ballades sur le bord de la rivière

Spectacle ambitieux sur toute la ligne, Deux rives, une seule musique a réussi un tour de force en réunissant une imposante brochette d'artistes sur les berges de la rivière des Outaouais, là même où Champlain a posé pied il y a 400 ans. Un méga-spectacle gratuit qui n'a pourtant pas réussi à faire courir les foules.
L'offre était plus qu'alléchante. Robert Charlebois, Jean-Pierre Ferland, Luce Dufault, Diane Tell, Corneille, Radio Radio, pour ne nommez que ceux-là, se partageaient l'affiche dans ce marathon musical, qui se voulait une grande célébration des différentes francophonies d'Amérique et du passage de Champlain dans la région.
Même la température a été clémente le temps de voir tout ce beau monde se relayer sur la grande scène qui avait été installée dans la partie nord du parc Jacques-Cartier. La foule occupait moins de la moitié de l'espace disponible. Le site aurait pu accommoder près de 22 000 spectateurs.
Après le coup d'envoi offert par les percussionnistes et les danseurs de Kitigan Zibi, la chanteuse originaire de l'Outaouais, Luce Dufault a interprété L'étoile d'Amérique de Claude Léveillé, avant de troquer son chapeau de chanteuse pour celui d'animatrice.
Charmante, elle a su garder un fil conducteur et créer des liens entre les univers musicaux de la vingtaine d'invités. Entre le charisme de Florent Vollant, la douceur d'Andrea Lindsay, le rock à la Gerry Boulet de Stephan McNicoll (La Voix) ou encore le classique Si j'étais un homme de Diane Tell, la chanteuse a navigué avec brio.
Des pépins techniques sur le plan de la sonorisation ont plombé les interventions préenregistrées de Véronic Dicaire et de l'astronaute Julie Payette. L'image y était, mais pas le son.
Mis en scène par Denis Bouchard, le spectacle Deux rives, une seule musique, a misé sur un répertoire de ballades. Un choix discutable pour un spectacle extérieur. Les chaises de parterre étaient de mise. Toi et Moi de Corneille, Vivre dans la nuit de Sandra Dorion (Nuance), Une chance qu'on s'a de Jean-Pierre Ferland en duo avec sa compagne Julie Anne Saumur, Aime de Bruno Pelletier, bref, un spectacle qui semblait ne pas vouloir faire de vagues.
Le vent a heureusement tourné - au grand plaisir du public - avec l'arrivée des vieux routiers Daniel Lavoie et Michel Pagliaro. Le Franco-Manitobain a d'abord rappelé tout le plaisir de faire du bon rock en français avec une solide version d'Où la route mène, puis Pagliaro a servi avec sa fougue légendaire son incontournable J'entends frapper.
La table était mise et le public a pu enfin quitter sa chaise pliante pour se dégourdir. Nanette Workman a profité de cette foule réchauffée pour sortir sa Lady Marmalade, accompagnée de Brigitte Boisjoli, Andrea Lindsay et Luce Dufault.
D'une génération à une autre, les gars de Radio Radio en formule duo (Arthur Comeau était absent) ont servi Deckshoo, pendant que des drapeaux acadiens s'agitaient dans la foule.
L'ambiance était parfaite pour accueillir Robert Charlebois, qui avait tiré de son large répertoire deux titres fort à propos : Cartier (Jacques) et J't'aime comme un fou.
Les artistes étaient accompagnés par la troupe de l'émission Belle et Bum, sous la direction de Luc Boivin.
Les absents pourront se reprendre puisque le spectacle sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada, le 3 août, à 20 h.