Marc Jémus.

Deux Gatinois plaident coupable devant l'AMF

Deux des trois chefs d'orchestre d'une fraude immobilière de grande envergure ont plaidé coupables à une quarantaine d'accusations soumises par l'Autorité des marchés financiers (AMF), hier, au palais de justice de Gatineau.
François Roy et Robert Primeau ont reconnu avoir réalisé des transactions financières malgré leur non-inscription à la Commission des valeurs mobilières. M. Roy reçoit une amende de 72 400 $, et M. Primeau, une amende de 67 200 $. Marc Jémus, troisième ténor, maintient son plaidoyer de non-culpabilité et subira son procès pour une vingtaine d'accusations déposées par l'AMF.
Hier marquait la première journée de témoignage de présumées victimes. La défense présentera sa preuve demain.
L'AMF reproche aux trois accusés de ne pas avoir soumis de prospectus devant la Commission des valeurs mobilières, et de ne pas s'être inscrits auprès de ce même organisme.
Par ailleurs, les trois hommes sont visés, avec plusieurs institutions financières, par un recours collectif de 10 millions $. Des investisseurs de partout au Canada veulent obtenir réparation pour d'importantes fraudes remontant au milieu des années 2000.
Le dossier devant l'AMF ne concerne que les victimes du Québec. Ces dernières allèguent avoir perdu leurs économies en achetant des biens immobiliers en Outaouais, dans l'Est ontarien et dans la région de Montréal.
Marc Jémus serait la principale tête dirigeante selon l'AMF, qui veut lui imposer une amende de 160 000 $.
Certaines victimes ont dit avoir signé des documents présentés par Marc Jémus, sans toutefois connaître la route que prenait leur argent à la suite des prétendus investissements. D'autres ont cependant affirmé ne pas avoir perdu d'argent.
Les trois accusés font aussi face à des accusations de fraude.
MM. Jémus, Roy et Primeau ont fait faillite en 2004-2005.
Les trois mêmes hommes d'affaires sont aussi accusés par la Gendarmerie royale du Canada.
Le 19 août 2010, le juge Michel Déziel a autorisé le recours collectif à l'encontre de Whitney Canada et Desjardins Financial Security Investments. Un an plus tard, le juge a autorisé le recours collectif à l'égard de François Roy et Marc Jémus, puis, en mai 2012, la Cour d'appel du Québec a autorisé le recours à l'égard de B2B Trust.
Selon ce qui a été mis en preuve hier, des investisseurs retiraient leur Régime enregistré d'épargne retraite (REER), puis transféraient l'argent dans un compte de B2B Trust. Des victimes alléguées ont raconté avoir perdu la trace de leur argent par la suite. L'un d'eux dit avoir perdu plus de 52 000 $.