Détresse tout en finesse

L'auteure et illustratrice Catherine Lepage découpe ses Fines tranches d'angoisse en mots délicats et en images fortes. Qu'elle dépose dans les pages d'un récit graphique par lequel elle illustre l'angoisse et la dépression avec autant d'humour que d'intelligence.
Elle rend compte de l'incapacité à contrôler ses peurs, du désir de repousser ses limites, de la quête de bien-être. Ces propres états d'âme ? Et si c'était les nôtres dont il était ici questions ? Car quel lecteur n'a pas déjà connu cette impression de se retrouver face au vide ?
Catherine Lepage joue donc avec ces « phrases cucul bonnes à retenir » visant à remonter le moral de tout un chacun, et voulant notamment que « La vie, c'est comme les bikinis : c'est fait de hauts et de bas et ça ne peut pas toujours bien aller. »
En fait, c'est par ses interprétations imagées de ses mots (et maux) que Catherine Lepage séduit le plus. Dans sa capacité à transposer dans un chien entouré de quilles son sentiment de ne pas se sentir à sa place. Ou dans un écureuil aux bajoues bien remplies toutes les émotions refoulées, par exemple.
S'établit ainsi un réel dialogue entre textes et illustrations faisant tout l'intérêt et toute la pertinence de ces Tranches d'angoisse si finement offertes.
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Fines tranches d'angoisse, Catherine Lepage, Somme toute, 112 pages
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