Des vins de réconfort

Dur, dur cet hiver. Les grands froids, on connaît bien, mais cette année, on en a pour notre argent! Voici des vins rouges, charnus et réconfortants, tout indiqués pour la saison froide et sa cuisine plus robuste.
Crios Cabernet Sauvignon 2012 Mendoza (Vintages 640979, 13,95$)
Susanna Balbo est une des meilleures oenologues d'Argentine. Ses vins d'entrée de gamme, sous la marque Crios, offrent un très bon rapport qualité-prix. Indéniablement argentin, avec sa couleur mauve profonde, ses arômes intenses et son fruit bien mûr, ce cabernet sauvignon fait néanmoins preuve d'élégance et d'équilibre. Des arômes de cassis et de tabac, avec des notes florales et une pointe de vanille, précèdent une bouche franche et goûteuse, mûre mais sans sucrosité. Ses 14 % d'alcool sont bien intégrés et le vin ne manque pas de fraîcheur. Des tanins moyennement fermes apportent tenue et structure en bouche. Très bien fait et plus complexe que d'autres vins argentins vendus plus chers ! Vin de semaine sur mesure pour des viandes rouges ou des saucisses grillées, des côtes levées, des hamburgers maison, même un bol de chili con carne ou des ailes de poulet. Avis aux amateurs du Super Bowl qui préfère le vin à la bière !
Benmarco Malbec 2012 Mendoza (Vintages 657601, 18,95$)
De la même maison, ce vin affiche la couleur mauve intense, aux reflets presque néon, typique des malbecs argentins. Tout comme le précédent, il en offre pas mal plus que bien d'autres à prix égal ou plus cher. Le nez est intense, bourré de fruits, frais, secs et confiturés (mûres, bleuets, framboise), mais fait aussi preuve de complexité, avec un peu de cacao et des notes florales et minérales qu'on retrouve dans certains des meilleurs malbecs argentins. Corsé (14 % d'alcool), mais sans dureté, frais, et doté de tanins fins, granuleux, qui apportent une aspérité bienvenue pour équilibrer tout ce fruit. Typiquement argentin, mais sans donner dans les excès qu'on reproche souvent à ces vins (trop mûr, trop de bois, trop de chaleur, etc.). Il ira avec les mêmes plats que ci-dessus, mais sera encore mieux avec une pièce de gibier ou d'agneau cuisinée aux fruits des bois.
Ce domaine réputé de la Vallée du Rhône cultive ses vignes en biodynamie et reçoit depuis longtemps les éloges des critiques. Bien que les vins soient très bons, ils ne m'avaient jamais vraiment charmé. Je les trouvais toujours un peu lourd, un peu « trop » : trop mûr, trop capiteux, trop charnu. Mais tout cela semble changer depuis que Justine Saurel, la fille des propriétaires, est en charge des vinifications. Les vins ont toujours la chaleur et la plénitude du grenache, mais font preuve de plus de finesse et d'élégance. Bref, ils m'apparaissent plus équilibrés et digestes. Et tout à fait indiqué pour une soirée de grand froid ! Des arômes de fruits très mûrs, rehaussés de notes animales, de fumée et d'épices précèdent une bouche riche et veloutée, presque sensuelle. Solide et savoureux, avec des tanins soyeux et une longue finale. Pour des plats de gibier, d'agneau, des viandes longuement mijotées, un couscous ou un tajine. En fait n'importe quel plat de viande bien goûteux, robuste, qui peut être rehaussé d'épices, d'herbes de Provence, d'olives, de viande fumée ou de fruits secs (sans que le plat ne soit trop sucré).
Quinta de la Rosa 2010 Douro (SAQ 00928473, 20,75$)
Un autre vin costaud : normal, le soleil plombe ici sur les vignobles pentus en bordure du Douro. Élaboré avec les cépages phares de la région, touriga nacional, touriga franca et tinta roriz, il a tout le fruit mûr et l'intensité des vins du Douro mais reste équilibré et digeste, et fait preuve de complexité. Au fruit noir très mûr, s'ajoute une pointe florale, d'amande amère et une certaine minéralité présente dans les meilleurs vins de la région. La bouche est joufflue et corsée, mais la minéralité lui apporte de la fraîcheur, tout comme des notes de garrigue, de plus en plus présentes. Une longue finale sur des tanins bien serrés suggère qu'un passage en carafe lui fera le plus grand bien.
Le Reserva de la même maison est aussi disponible, mais mérite qu'on l'attende. Plus dense, plus tannique et plus marqué par l'élevage sous bois, c'est un candidat idéal pour la cave : il se bonifiera sûrement pendant au moins sept ou huit ans.
Un vin de la Vallée du Rhône septentrionale, donc élaboré entièrement avec de la syrah. Et pas de n'importe qui : Jean-Louis Chave est un des meilleurs vignerons du Rhône, respecté de tous, et reconnu pour ses grands vins d'Hermitage. Mais sous le nom J. L. Chave Sélection, il offre des vins de négoce, plus abordables, mais élaborés avec le même souci de qualité. Celui-ci ne m'a jamais déçue, et même dans un millésime plus difficile, il reste une expression juste du terroir de Saint-Joseph. Parfumé et séduisant, sans toutefois manquer de mâche ou de structure, il fera honneur à des plats de viande (particulièrement l'agneau) cuisinés avec des olives noires, du bacon, des mûres ou de l'anis étoilé. Le 2010 est disponible à la SAQ (10230862, 29,35$).
Tout de même un blanc pour terminer, et un blanc délicieux ! Le riesling s'affirme de plus en plus comme un cépage donnant d'excellents vins dans la péninsule du Niagara. Celui-ci de Flat Rock est devenu au fil des ans, non seulement l'un des meilleurs rieslings au pays, mais l'un des meilleurs vins blancs canadiens, point à la ligne. Le 2012 s'avère un peu moins intense que les millésimes précédents, mais demeure un excellent exemple de riesling du Niagara. Léger en alcool (11,5 %) mais haut en saveurs ! Des arômes appétissants de lime, d'orange et de fleurs blanches, avec une pointe minérale, caillouteuse. Un peu de sucre résiduel, donc demi-sec, mais doté d'une immense fraîcheur qui le rend presque vif. Juteux, croquant et savoureux, c'est un must pour tout amateur de riesling. Parfait pour des plats d'inspiration thaïe, des sushis, des poissons ou fruits de mer cuisinés aux agrumes, aux pommes vertes ou rehaussés d'une salsa de fruits blancs.