L'auteur-compositeur-interprète, Zachary Richard

Des nouvelles de Zachary

CHRONIQUE LES GRANDES ENTREVUES / Lors de son dernier passage à Ottawa, en mars dernier, l'auteur-compositeur-interprète Zachary Richard a annoncé qu'il lançait une campagne de sociofinancement pour la production de son 21e album en carrière.
L'artiste louisianais offrait une gamme de forfaits allant d'un CD dédicacé pour un don de 25 $, jusqu'à un spectacle privé en échange d'un don de 10 000 $, en passant par un week-end au Mardi Gras en Louisiane ou une fin de semaine aux Îles-de-la-Madeleine, tout dépendant de la valeur du don. L'objectif de sa campagne se chiffrait à 45 000 $ et il se donnait deux mois pour l'atteindre.
Zachary Richard était de retour dans la capitale, cette semaine, pour donner une conférence à l'Université d'Ottawa sur les Acadiens de la Louisiane, ainsi que pour offrir un spectacle dans le cadre du lancement du film « Toujours batailleur » à la Nouvelle Scène Gilles Desjardins.
Alors Zach ? Cette campagne de sociofinancement ? Comment s'est-elle déroulée ?
« Mon album sort demain (jeudi), a-t-il fièrement répondu lorsque rencontré par Le Droit cette semaine. J'ai réussi à amasser 67 000 $. J'étais inquiet quand j'ai lancé cette campagne. J'hésitais même entre un objectif de 35 000 $ et de 45 000 $, même si j'étais sûr que la production allait coûter 45 000 $ et même plus. Mais 35 000 $ aurait été plus facile à atteindre. Et c'était un risque parce que sur cette plate-forme, si tu n'atteins pas ton objectif, tu ne reçois rien. Mais j'ai travaillé fort, les gens ont répondu à l'appel et ce fut une belle expérience pour tout le monde. Et je donnerai quatre spectacles privés au cours de la prochaine année, dont un en Outaouais en mai prochain. »
Son nouvel album s'intitule « Gombo » et il est maintenant disponible en ligne et chez les disquaires.
L'ouragan Trump
Zachary Richard, 67 ans, habite depuis toujours le village de Scott, en banlieue de la ville de Lafayette, en Louisiane. Cet état du Sud n'a pas été touché par les ouragans qui ont balayé les Caraïbes, le Texas et la Floride au cours des dernières semaines.
La Louisiane n'est cependant pas épargnée par un autre « ouragan » qui souffle sur l'Amérique depuis novembre dernier : l'ouragan Donald Trump.
« Si vous prenez notre président, la Louisiane va prendre votre hiver », lance l'artiste, sourire en coin.
Mais blagues à part, Zachary Richard ne voit rien de drôle dans ce qui se passe aux États-Unis et dans le monde depuis l'arrivée à la Maison-Blanche du milliardaire new-yorkais.
« J'ai récemment lu un livre intitulé «Hope in the Darkness», dit-il. La théorie, c'est que nous sommes en train de passer à travers une épreuve qui nous permettra finalement de voir clair. Si l'espoir existe, il y a donc une possibilité que nous pourrons améliorer la situation sociale, environnementale et politique aux États-Unis. Nous sommes dans une période assez noire, mais l'espoir est un choix. Alors, je suis obligé de choisir l'idée qu'on va pouvoir passer à travers tout ça et redresser le bateau d'une façon ou d'une autre. Sans espoir, on ne pourrait pas continuer. Nous sommes obligés de croire qu'il y a une façon de résoudre ces problèmes qui sont en train de nous secouer.
Mais le président Trump est populaire en Louisiane, n'est-ce pas ?
«La Louisiane a voté très majoritairement pour lui, oui. Mais j'ai des amis qui ont voté pour lui et ils expriment de plus en plus de déception. Ils pensaient qu'il était un bon businessman qui allait mettre de l'ordre là-dedans. Mais maintenant, c'est une mauvaise surprise pour certains. Il y a donc de plus en plus de désarroi. On espérait tous que l'office du président allait l'améliorer en quelque sorte. Mais on voit qu'au contraire, il n'y a aucune amélioration personnelle ou politique.
«Les prochaines années ne seront pas faciles, poursuit Zachary Richard. Le gouvernement est en quelque sorte paralysé. Son mur entre les états du Sud et le Mexique est une blague que personne ne prend au sérieux. Donald Trump est en train de se marginaliser lui-même et on commence à mieux vivre avec tout ça en sachant qu'il est une espèce de bouffon. Et on espère qu'il ne fera pas trop de tort avant qu'on arrive à s'en débarrasser.»
Lors de sa visite à Ottawa, en mars dernier, Zachary Richard a donné un atelier sur le chant aux élèves de l'école élémentaire publique Francojeunesse. Et ce projet pourrait bientôt mener à l'enregistrement de la chanson que les élèves et lui ont composée le printemps dernier.
«Je rencontre le conseil scolaire (le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario) cette semaine, dit-il. Nous sommes dans la phase création. C'est un super beau projet que j'ai déjà réalisé à deux reprises en Louisiane. C'est toutefois une première ici au Canada. L'idée est d'enregistrer la chanson qu'on a composée en mars dernier et d'en faire un vidéoclip. C'est super valorisant pour les enfants puisque ça leur donne une expérience musicale professionnelle. Et c'est aussi valorisant pour la communauté. C'est gagnant-gagnant pour tous. Et c'est en français.»  
Et la retraite, Zachary ? Tu y penses ?
«Mais je suis à la retraite, puisque je n'ai jamais travaillé de ma vie, répond-il en souriant. Travailler, c'est trop dur.»