Aujourd'hui, le projet de lunchs de dépannage de Roxanne Desmarais ne dessert rien de moins que 25 écoles de la CSPO.

Des lunchs pour mettre fin à la faim

Elle a beau n'avoir que 14 ans, Roxanne Desmarais jouit d'une maturité déconcertante. Modeste, elle se considère comme une adolescente tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Pourtant, elle a laissé sa trace à titre de bénévole en créant en 2008 un projet scolaire qui, de fil en aiguille, est devenu rien de moins qu'une sorte de micro-entreprise sans but lucratif. Aujourd'hui, LeDroit et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.
À l'époque, la jeune Gatinoise fréquentait l'école St-Paul, dans le secteur Hull. Quotidiennement, elle était troublée de voir que certains camarades de classe n'avaient rien à se mettre sous la dent lorsque retentissait la cloche annonçant l'heure du dîner. Sensible à cette triste réalité, elle décida alors d'en parler à ses parents Gilles et Louise, en plus d'en glisser un mot à la directrice de son institution, Michelle Lavigne.
«C'est vraiment triste, je n'arrivais pas à comprendre comment ils faisaient pour ne pas manger. Moi-même, je ne supporte pas d'avoir faim. Je déteste ça», se remémore l'élève de secondaire 3 au Collège Nouvelles Frontières.
D'un commun accord avec eux, mais en désirant demeurer dans l'anonymat le plus total, l'écolière alors âgée de 9 ans décida de faire sa part en achetant des denrées alimentaires (elle utilisait même une part de l'allocation que lui versaient ses parents) pour ensuite les distribuer chaque semaine à six familles par le biais de sacs bleus secrètement glissés dans les sacs des écoliers concernés. En peu de temps, ce chiffre augmenta à neuf, puis l'école St-Rédempteur se greffa au mouvement. «Je scrutais les circulaires des épiceries pour profiter des aubaines», se rappelle-t-elle
D'abord un projet à court terme, son idée a pris de l'ampleur, s'est transformée et est toujours bien vivante aujourd'hui. «Au départ, le projet a vu le jour juste un peu avant le temps des Fêtes et on a cru que ça durerait trois mois. Sauf qu'en janvier, à son retour en classe, Roxanne nous a demandés comment ces enfants-là feraient pour continuer à manger», confie son père.
Rapidement, ses parents ont constaté qu'il était hors de question pour elle de tracer une croix sur ces gestes de générosité. «Quand on a réalisé à quel point Roxanne mettait tout son coeur là-dedans et le faisait pour de nobles raisons, ça nous a touchés énormément.», poursuit son père.
Plus de détails dans LeDroit du 5 novembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca