Des dictionnaires qui parlent «québécois»

L'équipe éditoriale du Petit Larousse n'a pas «les mains pleines de pouces», pas plus qu'elle n'a l'intention d'«accrocher ses patins»: loin d'en «avoir son voyage», elle fait plutôt une place à ces expressions typiquement québécoises, dans sa plus récente mouture du dictionnaire.
Quant aux cinéastes Denis Villeneuve (Incendies) et Ken Scott (La Grande Séduction, Starbuck), la femme de lettres Nicole Brossard et l'architecte Phillys Lambert, ils pourront tous désormais «emmieuter» leur matin grâce au «barista» du café du coin.
Dans le PLI
Pour ses 110 ans, Le Petit Larousse illustré a offert sa couverture et ses lettrines aux couleurs primaires de l'artiste visuel Jean-Charles de Castelbajac, dont la «semeuse» moderne aux traits jeunes et regard franc rappelle que «La connaissance donne des ailes».
Parmi les nouveautés de cette édition 2015, on note une toute nouvelle section dans les pages roses: «Petit trésor de locutions francophones», dans laquelle figurent justement «Accrocher ses patins», «Avoir les mains pleines de pouces» et «Avoir son voyage». Ce «Petit trésor» permet par ailleurs de savoir qu'«aller aux oranges» signifie autant faire une pause que reprendre des forces après un effort, au Sénégal; ou encore qu'«avoir un oeuf à peler avec quelqu'un» veut dire devoir résoudre un conflit avec cette personne, en Belgique.
Quelque 150 mots font soit leur apparition ou s'enrichissent d'un nouveau sens, dans ce Petit Larousse. Ainsi, la cigarette électronique fait son entrée (sous cigarette), tout comme l'adjectif et nom commun noniste désignant celui qui vote «non» lors d'un référendum.
Et, de l'actrice Nicole Kidman au cuisinier George Blanc, 50 personnalités s'ajoutent dans la catégorie des noms propres. Aucun Québécois ou Canadien ne fait toutefois partie de la liste, cette année.
Du côté de chez Robert
Le Robert illustré, lui, «bardasse» ses colonnes pour permettre notamment aux verbes s'évacher et écrapoutir, aux adjectifs chialeux et courailleux ainsi qu'aux mots orthopédagogue et toutou d'ici de prendre place dans ses plus récentes pages.
Si les Villeneuve, Lambert, Scott et Brossard se retrouvent dans les deux publications, le chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin et le poète Paul Chamberland ne font pour leur part leur apparition que dans Le Petit Robert des noms propres.
Par ailleurs, Le Robert junior illustré atterrit sur les tablettes dans une édition nord-américaine entièrement repensée, 12 ans après sa dernière refonte. Il comprend un intéressant «Dossier de la langue française» incluant des tableaux de conjugaisons et, surtout, un «Petit dictionnaire d'étymologie».
On ne peut dès lors que regretter les images un tantinet clichés d'orignal, joueur de hockey et castor qui ornent les recto et verso de sa couverture.