Le Mont Sainte-Marie va accueillir les finales masculines du circuit Nor-Am en mars prochain. Il s'agira de la première fois depuis le début des années 1990 que des courses internationales de ski alpin se dérouleront sur cette montagne de l'Outaouais. Raphaël Quenneville, d'Aylmer, devrait y être.

Des courses internationales au Mont Sainte-Marie

Des courses internationales de ski alpin se dérouleront sur les pentes du Mont Sainte-Marie pour la première fois depuis le début des années... 1990.
L'endroit accueillera les finales masculines du circuit Nor-Am du 17 au 20 mars, a appris Le Droit. À l'enjeu ? Deux laissez-passer en vue de la prochaine saison en Coupe du monde pour les épreuves de slalom et slalom géant.
« Ça fait longtemps que nous n'avons pas eu une course du genre, a avoué Julie Klotz, une ancienne membre de l'équipe nationale qui se trouve à la tête du comité organisateur de l'événement.
«Ce sera la plus importante course chez les hommes de l'hiver en Amérique du Nord puisque les étapes de la Coupe du monde à Lake Louise et Beaver Creek ont été annulées. Ça risque d'être spectaculaire. Nous attendons plus de 140 skieurs.»
Mont Sainte-Marie a pu obtenir la présentation de l'événement en raison des travaux effectués, il y a un an et demi, sur sa piste Dustin Cook, jadis l'Outaouais. L'ancien tracé était considéré trop étroit, trop court et ne respectait plus les normes de sécurité de la Fédération internationale de ski (FIS) depuis 20 ans.
Un parcours qui avait vu passer plusieurs grands noms du ski alpin canadien au fil des décennies, dont Betsy Clifford, Brian Stemmle, Mike Tommy, Todd Brooker et Ken Read. Le vice-champion du monde Dustin Cook a aussi effectué ses débuts sur la pente.
«Nous avions perdu notre sanction de la FIS durant les années 1990», a rappelé Klotz.
Des bénévoles et elle ont lancé une campagne de sociofinancement qui a permis d'amasser plus de 192 000 $. De l'argent qui a servi au dynamitage et au réaménagement de la piste en question.
«La largeur est passée de 20 à 40 mètres. Tu as maintenant un parcours de slalom géant qui part aussi plus haut sur la montagne, qui s'avère plus sécuritaire et surtout qui constitue un plus gros défi. Il n'y a aucun endroit où tu peux prendre ça mollo. Tu dois rester concentré du début jusqu'à la fin.»
Surtout, la piste revue et corrigée a été homologuée par la FIS. La seule qui possède cette distinction en Outaouais. «En fait, il y a peu d'endroits au Québec qui possède cette sanction», a rappelé Julie Klotz.
Une étape du circuit universitaire québécois sera aussi présentée à la mi-février au Mont Sainte-Marie, tout comme une course provinciale FIS. C'est sans compter les championnats québécois chez les moins de 16 ans du 6 au 10 mars.
Mais ce sont les finales du circuit Nor-Am qui retiendront l'attention.
«Ce sera un moment spécial. Nous nous sommes arrangés pour que le circuit régional soit en pause durant la semaine en question. Ça va permettre aux jeunes de venir voir les grands à l'oeuvre et ça va permettre à leur parent d'effectuer un peu de bénévolat.»
Il s'agira aussi d'un rendez-vous mémorable pour un skieur en particulier. Raphaël Quenneville, d'Aylmer, s'avère un produit du Mont Sainte-Marie. Il compte 60 départs sur le circuit Nor-Am depuis décembre 2013.
Membre de l'équipe du Québec, le jeune homme âgé de 20 ans a obtenu son meilleur résultat en carrière avec une 29e position en Super-G à Panorama, en Colombie-Britannique.
D'autres skieurs locaux devraient participer aux finales, dont Simon Fournier, de Hull. Ce dernier a été promu au sein de l'équipe canadienne de développement dans les derniers mois.
Une tradition familiale
Sierra Smith
Son grand-père Trevor Klotz a défendu les couleurs de l'équipe canadienne de ski alpin. Sa mère Julie aussi.
Sierra Smith espère bien les imiter d'ici quelques années. L'ado de 16 ans, qui étudie à l'école secondaire Louis-Riel, vient de participer à ses deux premières courses sanctionnées par la Fédération internationale de ski (FIS) en Colombie-Britannique. Elle a terminé chaque fois deuxième en slalom chez les moins de 18 ans à deux reprises.
« Je n'avais aucune attente puisque c'était une première pour moi... Je suis très heureuse du résultat », avoue Smith, qui représente le club du Mont Sainte-Marie.
Ce qui s'avère encourageant ?
« Le slalom, c'est l'épreuve que je préfère le moins, ajoute celle qui excelle surtout en super G. Parce que j'aime la vitesse », précise Smith.
Tout le contraire de sa mère Julie Klotz, qui a été championne canadienne en slalom. Une chirurgie au dos lui a coûté une participation possible aux Jeux olympiques en 1988 à Calgary. « Ma mère m'aide beaucoup. Elle comprend ce que je m'apprête à vivre... la pression qui accompagne tout ça. Nous pouvons jaser d'un peu tout. »
Smith se trouve en ce moment au sein de l'équipe du Québec, tout comme trois autres skieurs de l'Outaouais, Raphaël Quenneville, Abby Thomas et Béatrix Lever. « Mon but, c'est de skier éventuellement au sein de l'équipe nationale, de prendre le départ de quelques courses en Coupe du monde », dit-elle.
Mais pour l'instant, la jeune athlète se trouve en monde apprentissage. Elle n'a jamais dû se taper un horaire aussi chargé depuis ses premières descentes. Il y a eu ce premier camp d'entraînement dans les Alpes françaises pour entamer l'été, puis trois autres semaines au Chili.
C'est sans compter deux autres semaines passées en Autriche au milieu du mois d'octobre et deux semaines à la fin de novembre dans l'Ouest canadien.
Une course après l'autre
Les derniers jours ont été passés en Outaouais avant de repartir mardi vers Val St-Côme. « Nous allons nous promener un peu partout où il y a de la neige pour s'entraîner, souligne Smith.
«Ce sera une course après l'autre cet hiver. Je ne sais pas combien exactement. Mais nous allons voyager beaucoup.
«C'est nettement plus intense que mes dernières années passées dans un programme de club. Je n'avais jamais participé à autant de camps préparatoires (...) J'avais beaucoup de millage sur neige avant même de disputer une première course... J'aime ça.»