Aline Quenneville n'a jamais manqué une occasion de voter, mais elle craint  ne pas pouvoir le faire le 7 avril prochain.

Des aînés craignent ne pas pouvoir voter

Aline Quenneville a 88 ans. Elle se souvient de la lutte menée par les femmes pour obtenir le droit de vote au Québec. Dès son jeune âge, elle a saisi l'importance du geste. Jamais elle n'a manqué une occasion de voter, mais cela pourrait prendre fin le 7 avril prochain.
«J'ai toujours voté, toujours, lance-t-elle. Mes parents ont toujours voté. Chez nous, c'était un devoir d'y aller. C'est précieux un vote, mais la présente élection pourrait bien être la première de ma vie à laquelle je ne voterai pas. Ils nous enlèvent notre bureau de vote à la résidence.»
«Ils», c'est le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) qui a retiré le bureau de vote qu'il installait depuis plusieurs élections à la résidence Sanscartier, dans le secteur Gatineau, pour permettre à la soixantaine de résidents, la plupart à mobilité réduite, de voter sans avoir à se déplacer.
«Tout le monde ne parlait que de ça, hier, au bingo, raconte Mme Quenneville. Nous sommes des personnes âgées. Plusieurs doivent se déplacer avec une marchette. La grande majorité des résidents n'iront pas voter cette année. Moi, j'ai énormément de difficulté à me déplacer. Juste de penser que je vais devoir attendre en ligne pour voter est suffisant pour que je n'y aille pas. Ça m'attriste. Je me sens lésée.»
Le DGEQ trop rigide, dit Carrière
Le député libéral de Chapleau, Marc Carrière, affirme avoir reçu plusieurs plaintes au sujet du retrait du bureau de vote à la résidence Sanscartier. Il affirme avoir entamé des démarches pour qu'un bureau de vote soit installé à l'intérieur de la résidence, mais sans succès. Selon lui, le DGEQ est trop rigide dans l'application de la réglementation.
«Son but devrait être de s'organiser pour que le plus de gens puissent voter, dit-il. Là, il est question de gens à mobilité réduite. Je ne comprends pas pourquoi le DGEQ prend cette décision.»
Le directeur du scrutin pour le comté de Chapleau, Robert Allard, explique que le DGEQ a décidé d'appliquer de façon plus serrée un article qui était déjà présent dans la loi. «Le DGEQ va installer un bureau de vote dans les hébergements de plus de 50 résidents seulement si la résidence est accréditée par le ministère de la Santé et des Services sociaux, ce qui n'est pas le cas de la résidence Sanscartier», précise-t-il.
M. Allard ajoute que le DGEQ a informé la direction de la résidence en 2012 qu'elle devait obtenir l'accréditation du ministère afin que ses résidents puissent voter directement chez eux. «C'est désolant, mais la direction n'a pas cherché à obtenir l'accréditation, indique M. Allard. Les gens qui habitent là vont devoir se déplacer pour voter.»