Selon Martin Lavoie, directeur des politiques publiques pour MEC, Gatineau doit tenter d'attirer des petites compagnies qui obtiennent des contrats d'approvisionnement en pièces ou composantes aéronautique.

Des ailes à la portée de l'aéroport

Manufacturiers et exportateurs du Canada (MEC), la plus importante association d'affaire et de commerce au pays représentant plus de 10 000 manufacturiers et exportateurs, presse la Ville de Gatineau de développer son aéroport en ciblant, à court terme, le secteur de l'aéronautique civil et militaire.
« L'aéroport exécutif de Gatineau et les sites situés en périphérie constituent un endroit stratégique pour l'émergence d'une grappe industrielle et technologique dans les secteurs de l'aéronautique et de la défense », soutient un document remis à l'ensemble des conseillers municipaux de Gatineau, peu avant la tenue du lac-à-l'épaule et dont LeDroit a obtenu copie.
L'étude conjointement réalisée par MEC et la Chambre de commerce de Gatineau (CCG) suggère aux élus gatinois de faire de ce secteur technologique « une priorité majeure dans le plan de développement économique de la Ville », de mandater un organisme de prospection et d'attraction d'investissements « avec des ressources financières et humaines permanentes » et d'effectuer une étude de marché permettant d'identifier les compagnies susceptibles de chercher de nouveaux sites de production au cours des prochaines années.
Défense et CNRC
Plusieurs éléments favoriseraient l'émergence d'une grappe technologique rattachée à l'aéroport exécutif de Gatineau, selon Martin Lavoie, directeur des politiques publiques pour MEC et coauteur du rapport. D'abord, sa proximité avec le ministère de la Défense nationale, du Centre national de recherches du Canada (CNRC) et de l'Agence spatiale canadienne est un « atout considérable ».
Le parachèvement de l'autoroute 50 permet aussi à Gatineau de se rapprocher considérablement de Mirabel et de l'axe aéronautique où sont situés tous les gros joueurs dans le domaine. « Il y a trois endroits dans le monde où tu peux construire un avion d'un bout à l'autre dans un rayon de 50 kilomètres, indique M. Martin. Il y a Toulouse, en France, Seattle, aux États-Unis et Montréal, tout près d'ici. Cela n'attire pas seulement les gros joueurs, mais aussi les plus petites compagnies qui obtiennent des contrats d'approvisionnement en pièces ou composantes pour ces grosses compagnies. Ce sont elles que Gatineau doit tenter d'attirer à son aéroport. Si Gatineau n'agit pas, elle passera à côté de plusieurs opportunités. L'aéroport est là, mais la Ville ne le développe pas. Il y a un risque à le faire, mais si ça fonctionne, ça rapportera gros. »
L'étude de MEC précise qu'on assiste actuellement à un déclin des dépenses militaires mondiales et que cela coïncidera à un nouveau cycle de croissance dans le secteur de l'aéronautique civil. En 2013 seulement, la production d'aéronefs et de composantes a augmenté de 3,6 % au Canada, selon Statistique Canada. Un rapport de Deloitte publié en 2013 prévoit que la production mondiale d'avions commerciaux augmentera de 25 % d'ici 2023.
« J'ai plusieurs contacts dans le milieu et il y a de gros contrats qui pointent à l'horizon au Canada, précise M. Martin. L'accord de libre-échange avec l'Union européenne ouvrira aussi plusieurs portes. Il y a des compagnies internationales qui commencent à regarder du côté du Québec pour s'installer, surtout à cause des avantages fiscaux et des crédits d'impôt pour la recherche et le développement. »