L'Ottavienne Kristina Maria sort dans les prochains jours son premier album Tell the World, sur lequel elle laisse transparaître, sous une pop dansante, tant son côté mutin qu'amoureux.

De pop, de danse et de monde

Ses deux premiers simples, Let's Play et Co-Pilot (qu'elle chante avec Corneille dans sa version bilingue), ont cartonné sur les ondes des radios commerciales et se sont vendus à près de 100000 unités. À quelques jours du lancement de son premier album, Tell the World, l'Ottavienne Kristina Maria doit se «pincer chaque jour» pour se convaincre de tout ce qui lui arrive.        
«C'est impressionnant ce qui se passe, mais, en même temps, c'est ce que je veux, ce que j'attends d'aussi loin que je me souvienne. J'ai encore beaucoup à apprendre par rapport à ce métier et au show-business, je le sais, mais je suis prête à travailler pour atteindre mon objectif: chanter dans le monde entier!» clame avec aplomb l'auteure et interprète de 22 ans, qui a grandi entre Gatineau et Ottawa au sein d'une famille d'origine libanaise.
D'un démo remis il y a un peu plus de deux ans à nul autre que Vito Luprano, dont le nom est associé à Céline Dion, à l'entrevue qui se déroule dans un café du marché By, Kristina Maria en a parcouru, du chemin. De la capitale fédérale à New York, de Los Angeles à la Suède: autant de destinations où elle s'est notamment retrouvée en studio pour enregistrer les 14 titres de son disque.
Grâce à son mentor, elle en a rencontré, des gens de l'industrie, et pas n'importe lesquels: Kristian Lundin et Andreas Carlsson (Céline, 'NSync, Britney Spears, Backstreet Boys), Anders Bagge et Peer Astrom (Madonna, Jennifer Lopez, Janet Jackson) et JC Chasez, de 'NSync, ont tous mis la main à la pâte de sa première galette, qui atterrira dans les bacs des disquaires dans trois jours.
«Je n'ai jamais envisagé de devenir médecin ou avocate, raconte Kristina Maria. Ce que j'ai toujours voulu, c'est faire de la musique. J'ai toujours rêvé de faire carrière sur scène. C'est en moi, tout simplement, depuis toujours. Je ne peux pas expliquer autrement ma conviction et ma passion.»
À cinq mois, «avant même d'être capable de dire maman», elle chantait juste. «J'ai longtemps pensé que c'était une légende familiale, cette histoire, jusqu'au moment où j'ai entendu ma nièce, qui a 18 mois maintenant, faire la même chose que moi au même âge !» précise avec bonne humeur l'ancienne étudiante de l'école secondaire catholique Garneau d'Orléans, dans un français qu'elle voudrait parler avec plus de fluidité.
À quatre ans, elle réclamait à sa mère la trame sonore du film The Bodyguard et reprenait les pièces de Whitney Houston, en plus de chanter du Céline Dion.
À 10 ans, elle écrivait des chansons d'amour, «comme si je connaissais quelque chose à l'amour!» confie-t-elle dans un éclat de rire.
Aujourd'hui, Kristina Maria se targue d'avoir signé les paroles de 11 des 14 pièces gravées sur son album.
«Je tenais à ce que mon disque me ressemble, que les gens puissent découvrir qui je suis à travers mes chansons. Dans le fond, Tell the World, c'est un voyage dans mes émotions. Comme si j'invitais les gens à passer une journée complète avec moi. Et dans une journée, je peux être aussi énergique que triste. Je peux vouloir danser autant qu'être fâchée», confie la jeune femme.
De flirt à pop
Qu'elle assume son côté «flirt» et mutin (sur la délibérément ambiguë Let's Play, «sur laquelle je ne dis jamais d'aller jusqu'au bout et de faire l'amour à trois, hein!» se défend-elle) ou qu'elle laisse entendre sa rage d'avoir été trompée par son ex (Karma), qu'une récente rupture la rende incapable d'entendre une chanson à la radio (son plus récent extrait, Our Song Comes On) ou qu'elle évoque les aléas d'une relation à distance (Understatement), l'Ottavienne livre ses textes sur des rythmes principalement pop et dansants. Qu'à 22 ans, elle assume totalement. «J'aime la pop et je veux que les gens puissent fredonner mes chansons, comme moi je le fais en écoutant la radio!»
D'ailleurs, la première fois qu'elle a entendu Let's Play sur les ondes, Kristina Maria a eu le réflexe «de peser sur le bouton 'eject' de ma radio, parce que j'étais convaincue que c'était mon cédé que j'étais en train d'écouter! J'ai mis quelques secondes à réaliser que ma chanson tournait vraiment à la radio!» se souvient-elle en rigolant de plus belle.
Pour parvenir là, la chanteuse se considère chanceuse d'avoir pu compter sur les précieux conseils de Vito Luprano, qu'elle considère aujourd'hui comme «un membre de ma famille au même titre que je sens que je fais partie de sa famille».
«Vito m'a laissé le temps d'essayer des choses, de me tromper et de recommencer. Pour la mélodie de Let's Play, par exemple, j'avais d'abord écrit une chanson d'amour! À l'écouter ensuite en studio avec Kristian Lundin, on a vite conclu que ça n'allait pas du tout! J'ai donc tout repris du début... et décidé de m'amuser, justement, en osant être plus sexy
Si elle ne cache pas se concentrer sur les marchés anglophones pour le moment, Kristina Maria a néanmoins signé une entente avec l'étiquette Wagram pour la sortie de deux extraits en France et en Belgique: Co-Pilot (la version bilingue avec Corneille) et We Belong Together, pour lequel elle envisage de «peut-être» chanter elle-même les choeurs en français.
«On verra bien où ça me mènera. Que ça fonctionne ou pas, je sais que la musique fera toujours partie de ma vie, que je pourrai toujours écrire des chansons. Surtout, je ne pourrai jamais regretter, regarder en arrière en disant que j'aurais dû tenter ma chance, parce que je profite pleinement de celle qu'on me donne en ce moment, en tout cas», conclut-elle dans un large sourire.
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