André Marin, l'ombudsman de l'Ontario.

De nouveaux pouvoirs pour l'ombudsman de l'Ontario

La première ministre de l'Ontario a dévoilé, jeudi, un projet de loi visant à améliorer la transparence au sein des services gouvernementaux, dont l'ajout de pouvoirs à l'ombudsman de la province André Marin.
«Le projet de loi, s'il est adopté, permettrait de renforcer l'imputabilité politique, améliorer la surveillance du gouvernement et accroître la transparence», a déclaré Kathleen Wynne, jeudi matin en conférence de presse.
Pour ce faire, le gouvernement veut élargir le champ d'action de l'ombudsman afin de lui permettre d'enquêter sur les municipalités, les universités et les conseils scolaires.
« Enfin, l'Ontario est sur le point de remédier à une aberration historique qui a laissé des millions de citoyens sans recours relativement aux organismes publics qui touchent au plus près à leur existence », a réagi M. Marin, hier.
Comme l'ombudsman fait rapport non pas au gouvernement, mais à l'ensemble de l'Assemblée législative, ce changement constitue une garantie de transparence accrue pour tous les députés provinciaux et pour le public, a-t-il ajouté.
Toutefois, son mandat ne couvrira pas le système de la santé, tel qu'il l'exige depuis quelques années.  Un  nouveau poste, l'ombudsman du patient, sera créé pour surveiller le travail des hôpitaux et des  centres de soins de longue durée.  
Grâce à ce projet de loi, le gouvernement Wynne veut également augmenter la mission du Bureau de l'intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes pour lui permettre d'enquêter sur les questions relatives au système de protection de l'enfance.
Dépenses des députés
«Le projet de loi exigerait aussi la publication en ligne des dépenses pour les ministres, les adjoints parlementaires, les leaders de l'opposition et leur personnel.  Ainsi une pratique volontaire deviendrait une exigence législative. Les députés devraient aussi divulguer, sur le web, leurs dépenses associées à leurs déplacements à l'extérieur de leur circonscription  », a signalé la première ministre.
Le projet de loi doit être déposé officiellement dans quelques semaines. Il pourrait toutefois mourir au feuilleton si jamais des élections sont déclenchées prochainement, comme il est pressenti dans les milieux politiques.
De son côté, le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Tim Hudak, trouve ironique que Kathleen Wynne veuille améliorer la transparence de l'appareil gouvernemental ontarien alors que les libéraux font l'objet de deux enquêtes de la Police provinciale. Des courriels effacés relativement à l'annulation de deux projets de centrales électriques ainsi que la gestion du service d'ambulances aériennes Orange par l'ancien gouvernement libéral de Dalton McGuinty sont actuellement examinés.
«Je suis Kathleen Wynne et c'est une initiative de ce gouvernement, a-t-elle répondu lorsque pressée à ce sujet. J'ai toujours dit que je voulais gouverner différemment et ceci (projet de loi) l'illustre. La transparence, un gouvernement ouvert, c'est très important pour la population de l'Ontario.»