Lady Gaga, lors de son spectacle à Ottawa en 2011. Elle sera de retour dans la capitale à l'occasion du Bluesfest, cet été.

De drôles de dames au Bluesfest

De Lady Gaga à Lady Antebellum, de Queens of the Stone Age à Violent Femmes, le Bluesfest s'acoquinera à de drôles de dames pour souffler ses 20 bougies, du 3 au 13 juillet. Mais pas seulement : St. Vincent, The Killers, Blake Shelton, Foreigner, Moist et Gary Clark Jr., entre autres, seront aussi de la fête.
Aussi maquillés que des autos volées, les teasers essaimés sur les réseaux sociaux par le festival le plus couru d'Ottawa-Gatineau ont fait se déchaîner les pronostics au cours des derniers jours. L'affiche 2014 a finalement été mise en ligne, ce matin.
La programmation ira creuser méticuleusement tout autant que méthodiquement le large sillon de la musique, entre pop (Blondie, Royal Canoe), rock (Barenaked Ladies, Young the Giant, Third Eye Blind, Styx, Drive-By Truckers), folk (Tegan and Sara, Andrew Bird), hard rock (Journey), électro (Zedd, RL Grime, Awolnation, Phantogram, Gareth Emery), hip hop (Snoop Dogg, Tyler, the Creator, Deltron 3030), rap (Childish Gambino, Danny Brown, Cypress Hill), country (The Mavericks, Jeff Tweedy de Wilco, The Band Perry) et blues évidemment (John Mayall, Elvin Bishop, Sugar Ray, Trombone Shorty & Orleans Avenue)...
Soit quelque 200 concerts répartis entre cinq scènes (dont une en intérieur), de l'après-sieste au milieu de la nuit. De quoi alimenter l'argumentaire des détracteurs du festival, pour qui le Buesfest figure un grand fourre-tout musical tout autant qu'un prétexte à libations. À ce chapitre, le 20e anniversaire ne devrait pas les décevoir.
« J'ai tenu à présenter un large spectre de genres musicaux pour satisfaire tous les publics qui sont venus au cours des 20 dernières années », défend le président du festival Mark Monahan en entrevue.
Le fondateur de l'événement n'est pas peu fier de son rejeton de plus en plus protéiforme. « Il y a 20 ans, le Bluesfest n'avait pourtant pas d'autres prétentions que d'être un petit festival de blues, se souvient-il. Par la suite, il y a eu une forte demande pour un festival populaire ; c'est une bonne chose pour Ottawa qui en avait besoin. »
L'Ordre de la ville, soulignant la contribution de résidents à l'essor et la vitalité d'Ottawa, lui a d'ailleurs été remis en novembre dernier.
Avec ses 10 jours de concerts pleins à craquer, de célébrités qui se relaient sur scène, difficile d'imaginer le Bluesfest à sa toute première édition, quand il s'étalait sur trois jours et dénombrait « quelques milliers de spectateurs ». Aujourd'hui, le site peut accueillir jusqu'à 30 000 personnes par jour ; une limite qui a semblé bien vite franchie l'an dernier, à voir le public se presser à certains concerts.
« Nous n'avions pas anticipé une telle foule à BB King, l'an dernier, reconnaît le directeur. J'apprends d'année en année, non seulement à faire venir les artistes, mais aussi à les caser à l'horaire. Il faut éviter que les uns soient en compétition avec les autres, par exemple. »
Cette année, la grande surprise s'appelle Lady Gaga, venue pour la dernière fois à Ottawa en 2011. « La question cruciale était de savoir si nous pouvions accueillir un tel spectacle, de très grande envergure. Il y a eu d'intenses négociations pour l'accommoder. »
Entre stars planétaires et groupes émergents, le Bluesfest n'oublie pas de faire une place aux artistes locaux. Sur 383 candidatures, seules 50 seront retenues.
« Nous les sélectionnons en fonction de certains critères, assure-t-il. Le comité regarde la production originale du groupe, la fréquence de ses prestations, son engagement en tant qu'artiste vivant entièrement de sa musique. C'est important de les encourager à rester ici. »