Les épéistes Samuel Beauregard-Tousignant et Philippe Heidecker livrent leurs états d'âme à notre journaliste à la suite de leur victoire en finale du concours par équipe aux Jeux du Québec.

De dernier à premier, deux ans plus tard

Une extinction de voix le guettait après sa victoire en finale avec son coéquipier. Mais ça ne dérangeait nullement cet escrimeur de Gatineau.
En l'espace de deux ans, Samuel Beauregard-Tousignant est passé de dernier à premier aux Jeux du Québec. Hier, il a gagné l'or avec Philippe Heidecker au concours par équipe à l'épée masculine.
Une victoire de 19-16 contre l'Est-du-Québec devant une vingtaine d'athlètes et de parents de l'Outaouais au collège de Valleyfield.
Les deux bras levés vers le plafond, Beauregard-Tousignant sautait de joie en voyant le match prendre fin. « En 2009, j'avais terminé dernier. J'avais même perdu un match 15-1», a souligné le jeune athlète de 13 ans.
« C'était alors un peu rageant. Là, de partir d'ici avec une médaille, c'est le fun », a-t-il ajouté d'un ton cassé.
- Et ta voix rauque ?
« J'ai crié pas mal hier et aujourd'hui pour encourager Philippe », a-t-il expliqué.
À 5' 1", cet étudiant du collège Saint-Alexandre était un des plus petits épéistes en piste aux Jeux. « Quand tu es petit, tu n'offres pas une grosse cible à toucher », a souligné Heidecker en parlant de son ami qui mesure neuf pouces de moins que lui.
Les parents de Samuel étaient dans les estrades avec son frère Jacob et sa soeur Mylène. Sa mère Lucie cachait mal sa fierté.
« Même s'il y a une grosse différence de grandeur avec les autres, Samuel ne se gêne jamais pas pour foncer vers ses adversaires », a-t-elle noté.
La médaille d'or possédait aussi une saveur particulière pour Philippe Heidecker. La veille, il avait encaissé un revers crève-coeur en quart de finale de l'épreuve individuelle dans laquelle il était le favori.
« J'ai perdu 15-14 par une touche qui ne devait pas compter. L'épée de mon adversaire a touché à terre. C'était extrêmement frustrant. »
On le devine. Il n'avait pas le goût de conserver un tel souvenir de son deuxième et dernier passage en carrière aux Jeux.
Tout comme son coéquipier, il n'avait pu monter sur le podium en 2009 à Blainville.
Entraîneur... International
« Et je tenais absolument à une médaille », a ajouté Heidecker. En prime, il a réalisé l'exploit sous les ordres de son frère Pascal, qui concourt habituellement sur le circuit de la Coupe du monde junior et senior.
« D'avoir son frère comme entraîneur, j'ai bien aimé ça. L'approche était différente de celle qui existe habituellement entre un coach et un athlète. »
Et l'aîné Heidecker, âgé de 19 ans, a aussi adoré sa première aventure dans la peau d'entraîneur. Voir deux de ses athlètes en finale avait de quoi le rendre nerveux.
« Mes jambes me tremblaient en les voyant tirer, a soutenu Pascal. Je ne savais pas comment réagir. Habituellement en tant qu'athlète en compétitions internationales, je suis bon pour gérer mon stress. Mais là, c'était complètement différent. »
Il s'agissait de la 21e médaille de l'Outaouais jusqu'ici aux Jeux du Québec. Après quatre jours de compétitions, la région occupe le cinquième rang au classement derrière Montréal, Rive-Sud, Chaudière-Appalaches et les Laurentides.
Mardi marquait la fin des compétitions du premier bloc d'activités de la 46e finale provinciale. Le coup d'envoi de la deuxième moitié de la programmation sportive sera donné aujourd'hui.
Des épreuves de badminton, judo, plongeon, hockey masculin, patinage de vitesse, ringuette et ski alpin sont notamment prévues jusqu'à samedi.