Dans le monde de l'éducation

UN CHIFFRE: 38,1 %
L'enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire, rendue publique au printemps dernier, a révélé que 38,1% des jeunes de l'Outaouais ont été victimes de violence à l'école, sur le chemin de l'école ou encore sur Internet au cours de l'année 2010-2011. Les problèmes de santé mentale sont également inquiétants chez les adolescents de la région alors que 13% d'entre eux ont reçu un diagnostic médical de dépression, d'anxiété ou de trouble de l'alimentation, une proportion légèrement plus élevée qu'à l'échelle québécoise. Dans certains cas, les troubles dépressifs sont provoqués par l'intimidation. Une mère dénonçait en avril le manque de ressources en santé mentale pour sa fille qui a tenté à plusieurs reprises de s'enlever la vie.
<p>L'agrandissement du Cégep de l'Outaouais a été confirmé en début d'année.</p>
UN LIEU: le Cégep de l'Outaouais
L'agrandissement du Cégep de l'Outaouais, au coût total de 26 millions $, a été confirmé en début d'année par le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Bien que ces travaux soient les bienvenus pour la direction de l'établissement, ils sont loin d'être suffisants. L'espace manquera à nouveau bien vite. Confirmé dans son poste de directeur général de l'institution collégiale et président de l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais, Frédéric Poulin a talonné M. Duchesne et le ministre responsable de la région, Stéphane Bergeron, quant au retard historique de l'Outaouais en matière d'éducation supérieure. Il y a fort à parier qu'il appliquera le même type de pression pour qu'une autre phase d'agrandissement du Cégep de l'Outaouais soit complétée au cours des prochains mois.
<p>Jocelyn Blondin a été élu conseiller municipal en novembre.</p>
UN PERSONNAGE: Jocelyn Blondin
La Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) se trouvait dans une impasse en début d'année. Aucun financement n'a été annoncé par Québec pour construire une nouvelle école primaire et la gestion des surplus d'élèves dans les écoles devient de plus en plus pénible. Le président de la CSPO, Jocelyn Blondin, lève alors le ton. Craignant de voir ses élèves être entassés comme des sardines, il invective le gouvernement à plusieurs reprises sur la place publique. Tout juste avant l'été, il aura finalement obtenu ce qu'il demandait. Québec annonce le financement pour la construction, pas d'une, mais bien deux nouvelles écoles primaires à l'ouest du territoire de la CSPO, où la croissance de clientèle est la plus importante. Après une quinzaine d'années comme président de la CSPO et trois tentatives, Jocelyn Blondin réussit à être élu au conseil municipal de Gatineau le 3 novembre. Quelques jours plus tard, il laisse la présidence de la CSPO. C'est le vice-président, Jean-Pierre Reid qui le remplacera jusqu'aux élections scolaires de l'automne 2014. Le 22 novembre, il sera affecté par un événement inattendu. Son directeur de campagne comme conseiller municipal, Alexandre Hoffarth, est arrêté dans une vaste opération en matière de pornographie juvénile.
Pierre Duchesne
UN MOT: iniquité
Le retard historique de l'éducation supérieur en Outaouais a été grandement discuté en 2013. La mobilisation régionale s'est fait sentir dès le début de l'année. L'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais a profité de la fenêtre ouverte par le Sommet sur l'enseignement supérieur, tenu en février. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, était d'ailleurs présent à Gatineau lors d'un forum citoyen pré-sommet organisé par l'Institut du Nouveau Monde. Au terme de l'événement, M. Duchesne a ouvert la porte à un «statut particulier» en éducation supérieure pour la région. Le sommet aura finalement permis de créer des chantiers de travail qui proposeront de nouvelles façons de faire en 2014. En attendant, le recteur de l'Université du Québec en Outaouais, Jean Vaillancourt, a exprimé le souhait de voir l'iniquité historique entre l'Outaouais et le reste de la province être comblée. Si les gestes arrivent au compte-gouttes, la situation est désormais bien connue du gouvernement, a affirmé le ministre responsable de la région, Stéphane Bergeron, en novembre.
UNE RÉSOLUTION: couper... sans couper
Les compressions budgétaires imposées au réseau de l'éducation ont fait mal aux commissions scolaires, qui ont été plongées dans une controverse après avoir augmenté - parfois de façon considérable - les taxes scolaires. Dans la région, les hausses de taxes scolaires ont varié entre 6,5% à la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais et 35% à la Commission scolaire des Draveurs. En plus des coupures, c'était le début de la fin pour le programme d'aide à la péréquation, une mesure qui maintenait les taxes scolaires artificiellement basses après l'enflure des évaluations foncières, en 2007-2008. Québec mettra trois ans pour éliminer ce programme. Les commissions scolaires multiplient les coupures administratives afin de ne pas toucher les services aux élèves. Les directions d'établissement craignent toutefois que l'impact soit déjà ressenti chez les enfants. À long terme, le taux de décrochage pourrait en souffrir, selon la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement.