L'univers littéraire de Danièle Vallée a toujours croisé d'autres disciplines

Danièle Vallée, aux versants des mots et des images

Ni autofiction, ni réalité pure, ni fiction tout court. Depuis qu'elle s'est mise à écrire - d'abord des pièces de théâtre, puis des contes -, Danièle Vallée n'a jamais cessé d'inventer des histoires et de les raconter.
Son univers littéraire a toujours croisé d'autres disciplines et souvent chez l'auteure conteuse, les textes s'accompagnent d'illustrations. Comme si le mot et l'image étaient intimement liés. Ce fut le cas pour Debout sur la tête d'un chat, composé en complicité avec sa fille illustratrice Virginie Bédard, (Prix des lecteurs de Radio-Canada Ontario), puis Le D2UX, réalisé avec l'artiste graphique Christian Quesnel. L'an dernier, Danièle Vallée a publié Sous la jupe, cette fois accompagné visuellement des tableaux de Suzon Demers.
Intermèdes illustrés
L'illustration ne serait donc pas uniquement l'apanage des livres pour enfants. Elle aménagerait chez tous des moments de respiration dans la lecture en proposant des intermèdes picturaux à forte teneur métaphorique. Mais à quoi bon ? Le texte ne suffit-il pas à lui-même ? Ces animations ne coupent-elles pas le rythme de lecture ? Mallarmé avait sur la question un avis bien tranché : « Je ne suis pour aucune illustration, tout ce qu'évoque un livre devant se passer dans l'esprit du lecteur. »
« Pour moi tout simplement, comme je suis très indisciplinée dans mon travail d'écriture, collaborer avec un illustrateur me donne de l'élan et une assiduité », répond l'écrivaine qui, comme de nombreux enfants, a grandi le nez plongé dans les ouvrages illustrés.
De ces premières expériences de lectrice, elle se souvient des albums de Tintin que ses parents offraient à son frère aîné « plus choyé » qu'elle. Et cet album de Cendrillon - « je l'ai lu des centaines de fois » - papier glacé et rendu visuel à point : « Cendrillon était vraiment belle, et les soeurs laides comme tout ».
Plus tard, elle rencontre La petite heure de Gilles Vigneault. Un coup de foudre littéraire à l'université : « C'était le genre d'écriture qui me plaisait. J'ai compris que c'est ce que je voulais faire, écrire ».
Elle fera bien plus en créant des spectacles, en s'impliquant davantage dans la communauté des conteurs jusqu'à devenir directrice artistique des Contes nomades, cette série de spectacles présentés à la Quatrième Salle du CNA animée par des conteurs, comédiens, slameurs, chanteurs et musiciens d'ici et d'ailleurs.
« Pourtant, je suis arrivée au conte par un concours de circonstances, raconte-t-elle. Tout a commencé un jour, alors que j'étais invitée à présenter une lecture. Je craignais que ce soit aride, le texte seul. J'ai décidé de l'apprendre par coeur, puis d'y ajouter de la musique ».
Elle se produit régulièrement avec son mari musicien, Jean Cloutier, avec qui elle portera sur scène une version théâtralisée du recueil de nouvelles Sous la jupe, le 21 mars au sein des Contes nomades.
Les choix de Danièle Vallée
1) Livre de jeunesse: les albums de Tintin
2) Livre de chevet: Le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier
3) À emporter sur une île déserte: Cendrillon