D'acheteurs à vendeurs en deux débandades

En l'espace de deux petites parties au cours desquelles l'adversaire a compté 13 buts contre leurs trois, une avant les Olympiques et l'autre après, les Sénateurs pourraient bien être passés d'acheteurs à vendeurs.
La débandade d'hier soir contre les Red Wings au Coffre-fort et celle à Boston avant la pause risquent de forcer le directeur général Bryan Murray à se rendre à l'évidence: son club ne s'en va nulle part cette saison.
«Ce sont deux grosses défaites, deux parties qui ne peuvent pas arriver quand on connaît l'enjeu», confiait le capitaine Jason Spezza après le match.
Dans de telles conditions, quand un club s'effondre lors des matches importants, il vaut toujours mieux commencer à penser à l'année prochaine.
Quand il a parlé de ses intentions à une semaine de la date des transactions, mardi matin lors de son passage à l'aréna Guertin, Murray n'avait d'ailleurs pas l'air trop enthousiaste d'aller chercher la pièce manquante à son casse-tête, ce que tout le monde estimait être un ailier qui pourrait jouer avec Spezza.
Maintenant, être à sa place, je chercherais à liquider les vétérans qui ont une quelconque valeur, comme Milan Michalek, qui deviendra joueur autonome cet été.
Je songerais aussi sérieusement à mettre Chris Phillips sur le marché, histoire de lui donner une chance de gagner une coupe Stanley à 35 ans. Les Bruins seraient certes intéressés à ses services. Quitte à tenter de le rapatrier ensuite l'été prochain, vu qu'il est fortement attaché à cette région où il a une entreprise, et d'où sa conjointe est originaire.
Et si dans une transaction qui lui permettrait d'aller chercher un jeune joueur, quelqu'un demande les services d'un gars de quatrième trio comme Colin Greening, qui fera beaucoup trop d'argent à partir de l'an prochain (il a signé une prolongation de contrat qui lui rapportera 7,95 millions$ sur trois ans), je sauterais sur l'occasion.
Le reste de cette saison servirait à donner des auditions aux espoirs de l'organisation qui vont très bien à Binghamton, les Mike Hoffman, probablement le meilleur des siens hier avec ses six tirs au but plus un poteau, Matt Puempel, Mark Stone, Stéphane Da Costa et Jean-Gabriel Pageau.
C'est une stratégie qui avait bien servi Murray lors de la saison perdue de 2010-2011, quand Mike Fisher, Chris Kelly, Alexeï Kovalev et quelques autres ont été liquidés, tandis que le gardien Craig Anderson a été acquis contre Brian Elliott. Celui qui est venu en relève à Robin Lehner hier, Andrew Hammond, a d'ailleurs un style qui ressemble pas mal à celui qui est maintenant avec les Blues de St. Louis.
Lehner mal appuyé
La prise de bec entre Paul MacLean et Lehner à son retour au banc a évidemment retenu l'attention lors du match d'hier. Mais ce n'était pas l'histoire du match. «On ne l'a pas aidé avec quatre revirements profondément dans notre zone qui leur ont donné quatre buts. On a mieux joué que le score l'indique, mais le score est ce qu'il est»,
Il y a aussi Johan Franzen qui a dérangé les Sénateurs autant avec ses coups de bâton en fin de partie qu'avec ses trois buts, ce qui lui en donne 12 en carrière (en neuf parties) contre Ottawa. Marc Méthot a tenté de s'en prendre à lui, et Chris Neil l'a fait un peu plus tard.
«Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. Peut-être parce qu'il a tenté de me tasser et je n'ai pas bronché? Il est bien bon pour ça, mettre sa cape et essayer de jouer au héros quand le match est fini, histoire de montrer aux partisans et à ses entraîneurs qu'il a joué avec ardeur», a lancé Franzen dans le vestiaire des gagnants, ajoutant que «c'est peut-être parce que j'aime jouer contre Erik Karlsson, qui vient du même village que moi», qu'il fait si bien au Coffre d'outils.
La soirée avait au moins bien commencé alors que les Sénateurs avaient rendu hommage à sept Olympiens canadiens (les hockeyeuses Geneviève Lacasse, Laura Fortino et Meghan Agosta-Marciano, Mike Babcock et Ken Holland des Wings, l'arbitre Dave Jackson et le bobsledder d'Ottawa Cody Sorensen), en plus de souligner la présence des hockeyeurs des deux clubs qui étaient à Sotchi, incluant Michalek, Karlsson et Daniel Alfredsson, les plus chaudement applaudis.