Sidney Crosby

Crosby ne veut pas jouer aux prédictions

Sidney Crosby n'en menait pas large dans le vestiaire des Penguins, hier matin. On devine qu'il avait prédit une victoire des Broncos de Denver au Super Bowl.
«Je me suis planté et pas à peu près», a-t-il avoué.
Dans le contexte, il n'avait pas très envie de se lancer à nouveau dans le jeu des prédictions. Surtout pas en ce qui a trait au tournoi olympique de hockey masculin.
«Je vais laisser cette tâche à d'autres, a-t-il répondu. Prédire le gagnant du Super Bowl, c'est une chose. Prédire le résultat d'un tournoi de hockey, c'est pas mal plus difficile.»
«Je sais sur quelle marche du podium je veux me trouver à la fin du tournoi. Ça me suffit.»
«Le gros problème, c'est que beaucoup d'autres joueurs de talent qui proviennent d'autres pays veulent la même chose que moi.»
Quatre ans après avoir marqué le but en or pour clore le tout dernier événement sportif des Jeux de Vancouver, le meilleur joueur de hockey sur la planète rêve à nouveau de la plus haute marche du podium.
On lui répète depuis quelques semaines que l'expérience ne sera pas aussi éprouvante cette fois-ci. On lui dit que ce sera bien plus difficile pour son coéquipier Evgeni Malkine.
Les Russes ont subi l'élimination durant la ronde quarts-de-finale en 2010. Malkine, qui participait aux Jeux pour la deuxième fois de sa vie, est de nouveau rentré bredouille, sans médaille dans sa valise.
S'il devait fendre l'air pour une troisième fois, devant ses compatriotes, ce serait catastrophique.
Clairement, cette année, la pression repose sur les épaules du grand numéro71.
«Vous pouvez me présenter la situation comme vous voulez, ça ne changera rien. La pression sera lourde à porter pour tout le monde, intervient Crosby. Plusieurs pays s'attendent à l'emporter. Plusieurs équipes penseront qu'elles auront des chances de gagner. Tous ceux qui s'en iront à Sotchi voudront la même chose.»
Crosby ne parle pas trop des Jeux lorsqu'il se trouve au boulot.
Il pourrait demander à son ami Malkine de lui enseigner quelques formules d'usage dans la langue russe. Il ne le fait pas. Il pourrait essayer de soutirer des secrets d'État à son entraîneur Dan Bylsma, étant donné que ce dernier dirigera à compter de la semaine prochaine la sélection américaine.
Encore une fois, il se retient.
«Il n'y a même pas de trash talk. Tout est bien tranquille», dit celui qui croisera également ses coéquipiers Chris Kunitz, Paul Martin, Brooks Orpik, Jussi Jokinen et Olli Määttä lors des XXIIes Jeux d'hiver.
En tant que capitaine, Crosby ne communique même pas avec ses futurs coéquipiers de l'équipe canadienne. Il ne prend même pas le temps de regarder leurs matches à la télévision. «J'ai tellement joué au hockey dernièrement que je n'ai à peu près pas eu le temps de regarder la télé. De toute façon, pas besoin de regarder la télé pour savoir que tous les joueurs qui ont été retenus au sein d'Équipe Canada connaissent une bonne saison. J'aurai bien suffisamment le temps de discuter avec tout le monde une fois rendu là-bas.»
Crosby se donne quand même le droit de penser à ses deuxièmes Jeux.
«Plus le temps passe, plus j'y pense. J'essaie surtout de régler quelques petits problèmes dans mon jeu car je veux être à mon meilleur une fois rendu là-bas. Je veux finir en force ici pour arriver en forme là-bas.»
Sstlaurent@ledroit.com