Denis Shapovalov s'est confondu en excuses après le match pour avoir blessé un arbitre: «J'ai extrêmement honte.»

Coupe Davis: oeil au beurre noir pour le Canada

L'arbitre Arnaud Gabas a quitté sa chaise avec un sac de glace, l'oeil gauche amoché. Denis Shapovalov, lui, versait quelques larmes, assis au banc de son équipe.
Son geste dangereux venait de blesser un officiel de la Fédération internationale de tennis (ITF). Il venait aussi de coûter la victoire au Canada contre la Grande-Bretagne à la Coupe Davis, dimanche, à Ottawa.
Le jeune Shapovalov a été disqualifié après avoir envoyé une balle par accident au visage de Gabas lors du cinquième et ultime match entre les deux pays. Quelques secondes auparavant, il avait perdu un point au troisième set de son affrontement avec Kyle Edmund, qui menait 2-1 en plus d'avoir remporté les deux premières manches (6-3 et 6-4).
Frustré, le joueur ontarien âgé de 17 ans n'a jamais regardé en frappant la balle. Sa réaction inattendue et la conclusion inhabituelle ont semé la consternation parmi les 7497 spectateurs sur place à l'aréna de la Place TD.
« C'est la première fois que je vois une rencontre de la Coupe Davis se terminer ainsi », a avoué Martin Laurendeau, qui a joué dans ce tournoi dans les années 1980 et 1990 avant de devenir entraîneur puis capitaine de l'équipe canadienne.
« J'ai déjà vu un match au Brésil pendant lequel un joueur a lancé sa raquette, atteignant un juge de ligne au crâne. Il y avait du sang partout. Ce n'était pas joli. Mais des incidents de la sorte arrivent rarement. »
Denis Shapovalov a mis du temps avant de se pointer devant les médias. Et quand il a monté au podium, le champion junior de Wimbledon en 2016 était visiblement ébranlé.
« J'aimerais m'excuser à l'arbitre et tous les autres officiels de l'ITF, a-t-il commencé par dire. Mon comportement a été inacceptable. J'ai extrêmement honte... J'ai laissé tomber l'équipe. J'ai laissé tomber le pays en agissant de cette façon. Je peux promettre que c'est la dernière fois que je fais une telle chose. »
Le capitaine de la Grande-Bretagne, Leon Smith, a soutenu que c'était « honteux » que la Coupe Davis prenne fin d'une telle façon. « Surtout que nous venions d'assister auparavant à un match incroyable », a-t-il rappelé.
La partie en question ?
Celle de Vasek Pospisil, 133e au monde, qui jouait sur une jambe. Malgré une blessure au genou gauche, il avait réussi à vaincre Daniel Evans, classé 45e, en quatre manches pour maintenir le Canada en vie. La victoire créait l'égalité 2-2 dans cet affrontement de premier tour entre les deux nations.
« Je me sens mal pour Denis », a soutenu Smith.
« Il vient d'apprendre une dure leçon. C'est aussi décevant pour les amateurs. Mais l'important, c'est que l'arbitre sera OK. La balle a voyagé rapidement sur une si courte distance. Elle l'a frappé directement à l'oeil. »
La victoire permet à la Grande-Bretagne, qui était privée du numéro un mondial Andy Murray, d'avancer au second tour contre la France en avril. Le Canada, qui s'est débrouillé sans Milos Raonic, se retrouvera dans une ronde pour éviter la relégation en septembre. Il ne connaît pas encore l'identité de son futur adversaire.
Ottawa accueillera à nouveau le monde
Tennis Canada n'attendra pas deux autres décennies avant de ramener un tournoi majeur à Ottawa.
La fédération nationale dresse un bilan « très positif » de la tenue de la Coupe Davis dans la capitale nationale pour la première fois depuis 1994. L'affrontement entre la Grande-Bretagne et le Canada a été présenté devant plus de 7400 spectateurs, dimanche après-midi, à l'aréna de la Place TD.
Une foule similaire a assisté samedi au match de double. La veille, ils étaient 6962 amateurs pour les deux parties en simple. Chaque fois, ce fut de nouveaux records d'assistance pour des joutes de la Coupe Davis en sol canadien.
« Je n'ai jamais joué devant une foule aussi bruyante », a soutenu le jeune vétéran Vasek Pospisil.
« La réponse de la communauté a été incroyable, surtout lors de la première journée, a ajouté le vice-président des tournois professionnels de Tennis Canada, Gavin Ziv. Ce n'est pas toujours évident de remplir les gradins un vendredi après-midi durant une journée de travail. Mais nous avons pu remplir la place. »
« Mais nous savions qu'il y avait une base incroyable de mordus de tennis à Ottawa-Gatineau. Puis il y a tous ces gens de Toronto, Montréal et ailleurs au pays qui ont fait le voyage. »
« Tous nos partenaires sont heureux de la façon dont l'événement s'est déroulé ici (...) C'est sûr que nous allons revenir. »
Reste à savoir si ce sera la Coupe Davis.
Lors des cinq dernières années, Vancouver, Halifax et Toronto ont accueilli des matches de ce tournoi.
« Ottawa devient une option intéressante à l'avenir, que ce soit pour la Coupe Davis ou la FedCup, l'équivalent féminin », a indiqué Ziv.
Tennis Canada a profité des derniers jours pour mousser la tenue de deux autres compétitions internationales dans la région en 2017. La Sporthèque accueillera la 10e édition du tournoi Futures du 25 février au 5 mars. Une épreuve de la Fédération internationale de tennis (ITF) qui accueille des joueurs classés jusque dans le top 200 au monde.
Puis à l'été, ce sera la présentation du Challenger de Gatineau pour une troisième année de suite. L'événement - doté d'une bourse de 25 000 $ US pour le volet féminin et de 75 000 $ US pour le volet masculin - aura lieu du 15 au 23 juillet au parc de l'Île.