Louis Cayer était capitaine de l'équipe canadienne avant de passer dans le camp de la Grande-Bretagne.

Coupe Davis: la Grande-Bretagne aime son coach québécois

Après trois jours à frapper des balles, la Grande-Bretagne a brisé son silence, mercredi, à Ottawa.
Les champions de la Coupe Davis en 2015 ont rencontré la presse pour une première fois depuis leur arrivée. Tout ça à la veille du tirage officiel de la rencontre l'opposant au Canada à l'aréna de la Place TD.
Le constat ?
Aucune déclaration fracassante de la part des raquettes britanniques, grandes favorites en vue de cet affrontement en territoire ennemi. Les joueurs étaient sur le pilote automatique quand venait le temps de répondre.
Puis il y a eu cette dernière question. Elle concernait l'impact d'un des entraîneurs sur les performances de la Grande-Bretagne. Plus précisément d'un coach québécois qui donne un coup de main au capitaine Leon Smith.
Louis Cayer a longtemps été capitaine du Canada en Coupe Davis avant de prendre la direction de l'Europe, il y a 11 ans. « Il a joué un rôle crucial dans mes succès », a souligné Jamie Murray, qui a gagné 16 tournois en double avec six partenaires différents.
« Je travaille avec lui depuis 2006. Je peux te dire que nous sommes chanceux qu'il soit tombé amoureux d'une demoiselle anglaise, ce qui l'avait poussé à déménager à Londres. »
Ses coéquipiers se sont mis à rire. Ça détonnait avec le reste de l'événement médiatique qui avait été terne.
« C'est grâce à ma mère si j'ai pu travailler avec lui, a confié par la suite Murray. Elle avait aperçu Louis travailler à Monte-Carlo en compagnie d'une paire israélienne. Elle était émerveillée par sa façon d'enseigner (...) À ma première année sous sa férule, je crois que j'ai grimpé de 30 rangs au classement mondial. Il a eu un impact sur non seulement ma carrière, mais sur celle de plusieurs autres équipes en double en Grande-Bretagne.
«J'apprends encore à ce jour à ses côtés. Il a tellement de connaissances à partager. J'espère que nous pourrons continuer à miser sur lui pendant encore un bon bout.»
Jamie n'a pas été le seul Murray à profiter de l'expertise du sexagénaire. Son célèbre frère Andy, numéro un mondial, aussi. Mais ce dernier a fait l'impasse sur Ottawa.
Retour au pays
Un voyage que Cayer, lui, n'allait pas manquer.
«C'est la première fois que je reviens au pays durant l'hiver», a confié l'homme âgé de 64 ans. Une de ses premières activités loin du terrain de tennis aura été de patiner sur le canal Rideau.
Puis une fois le premier tour de la Coupe Davis terminé, ce sera direction vers Montréal afin de renouer pendant deux jours avec des proches. Mais avant ce trajet en train prévu lundi, ce sera place à d'autres retrouvailles.
Louis Cayer affrontera cette semaine son ancien élève devenu capitaine de l'équipe canadienne, Martin Laurendeau.
«Je l'ai dirigé à partir de l'âge de 13 ans jusqu'à la fin de sa carrière. Puis je l'avais nommé assistant quand j'étais capitaine de l'équipe canadienne. Nous avons encore une belle relation, a-t-il commencé à dire.
«Mais je suis content que cela ait pris plus de 10 ans avant d'affronter le Canada. Cela aurait été inconfortable pour moi si cela s'était produit tout de suite après mon départ.»
Tennis Canada l'a accueilli dans son temple de la renommée en 2013 à titre de bâtisseur. Cayer continue de suivre à distance les performances de son ancienne équipe.
Mais il répète adorer sa vie en sol anglais. Un quotidien qu'il partage avec sa conjointe et leur garçon âgé de cinq ans.
«Ma première année là-bas, j'ai trouvé ça difficile. C'était un changement culturel. Même chose pour le climat... Je partais de Saint-Sauveur où la circulation lourde était de se retrouver derrière une voiture à un panneau d'arrêt. À Londres, tu peux être pris dans le trafic pendant deux heures et demie... À Saint-Sauveur, j'avais une rivière qui passait dans mon arrière-cour. Là, j'ai un train qui passe derrière chez moi !»