Coupable de fraude, il souhaite rembourser ses victimes

Se reconnaissant coupable de fraudes de plus de 350 000 $ auprès de petits investisseurs, l'ancien courtier hypothécaire Éric Dupuis compte rembourser ses 13 victimes.
C'est du moins ce qu'il a promis devant la Cour du Québec, le 25 juin dernier, au palais de justice de Gatineau.
M. Dupuis a été accusé de fraude en 2011 avec son ex-conjointe Ève Parr, copropriétaire du Salon 53 Karat, qui a été blanchie de toute accusation l'année suivante.
C'est d'ailleurs à la suite du règlement de leur divorce - toujours en instance - que M. Dupuis compte dédommager les victimes, a-t-il dit au juge Valmont Beaulieu.
«En défense, a expliqué l'avocat de M. Dupuis, Jacques Belley, on aura besoin de temps pour la sentence, parce qu'on a l'intention de rembourser les victimes. En ce sens, on attend un jugement d'une cour supérieure, et c'est avec cet argent-là qu'on pourra payer. Il s'agit d'un remboursement de 360 000 $, alors on n'est pas dans les petits chiffres.»
Certains investisseurs ont déjà été remboursés. Les victimes ont été frustrées de sommes allant de 3 500 $ à 73 000 $.
Seule la question des accusations criminelles a été réglée, le 25 juin dernier. La sentence doit être rendue en décembre. Les faits allégués se sont produits en 2009.
La procureure de la Couronne, Nadine Piché, a expliqué au tribunal que M. Dupuis jouissait de la confiance de ses investisseurs. «Il les faisait investir dans un projet, mais il n'y avait pas d'indication sur quoi ils investissaient. Il promettait des taux de rendement variés entre 16 et 18%. On parlait de placement à court terme avec ces intérêts un peu faramineux. Les gens, malheureusement, ont embarqué, dans la confiance. Il avait une belle renommée.»
Puisqu'aucun montant ni intérêt n'étaient versés, les questions ont fusé de toutes parts, alors que M. Dupuis s'esquivait.
«Il s'est servi de cet argent-là pour avoir un rythme de vie luxueux», a souligné Me Piché.
M. Dupuis, qui dit aujourd'hui avoir de la difficulté à circuler à Gatineau, tente de remonter la pente. «Disons que c'est quelque chose qui s'est dérouté sur moi, a maintenu l'accusé. On a utilisé ces fonds-là comme fond (de subsistance) parce qu'on était en train de tomber dans la dèche. Mme Parr a été accusée et blanchie, faute de preuve, et ça repose sur moi.»
M. Dupuis rappelle avoir fourni tous les documents aux enquêteurs de la police et collaboré avec les autorités. «Je suis conscient des dommages qui se sont produits. Je tente par tous les moyens possibles de rembourser.»
En entrevue avec LeDroit, en 2012, Mme Parr avait affirmé: «Éric Dupuis s'est servi de mes comptes pour passer ses affaires, autour de 2006. Il a utilisé une de mes anciennes compagnies, que je lui avais transférée. Il s'en est servi pour dire que j'avais un rapport là-dedans.»
À l'époque, des informations circulaient voulant que de l'argent des fraudes passait par un de ses comptes de banque. «Avec le compte bancaire, je lui faisais confiance, et c'est là que j'ai été sa victime. Il a joué avec ces détails-là», soutenait-elle.
M. Dupuis répond qu'à cette même époque, le couple était en construction d'un édifice commercial, et que la situation était précaire.