Le chef libéral a tempéré ses propos la constitution canadienne,  en laissant entendre qu'il allait plutôt laisser venir ses homologues.«On va voir si les gens veulent venir à nous. [...] Ça ne sera pas le but de mes visites.»

Couillard tempère ses propos sur la constitution

Même s'il désire que le caractère spécifique du Québec soit reconnu dans la Constitution canadienne, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, n'a pas l'intention de forcer les discussions sur cette épineuse question avec ses homologues provinciaux ainsi que le fédéral.
Venu présenter des facettes de son «Plan Nord+» pour la Côte-Nord, samedi, à Sept-Îles, le chef libéral a tempéré ses propos sur une éventuelle adhésion de la province dans la Constitution en rappelant à plusieurs reprises qu'il n'y avait «aucune urgence» d'agir.
«Lorsque je vais me promener, ça sera d'abord et avant tout pour parler d'économie, a-t-il rappelé à maintes reprises, en conférence de presse. Si d'autres (premiers ministres) veulent nous parler de leur intérêt sur cette question, on le fera en présentant les intérêts du Québec.»
La veille, à Val-d'Or, M. Couillard avait pourtant indiqué qu'il désirait entreprendre une tournée canadienne afin de convaincre les provinces ainsi que le gouvernement fédéral d'entamer des démarches pour que le caractère spécifique de la nation québécoise soit reconnu dans la Constitution canadienne.
Questionné de nouveau sur le dossier, le chef libéral a tempéré ses propos en laissant entendre qu'il allait plutôt laisser venir ses homologues.
«On va voir si les gens veulent venir à nous [...], a-t-il dit. Ça ne sera pas le but de mes visites. Est-ce que nos libertés sont menacées actuellement? Personne n'est malheureux au Québec.»
M. Couillard a reconnu avoir eu des discussions «informelles» avec différents intervenants fédéraux, mais il n'a pas voulu révéler si le dossier constitutionnel avait été à l'ordre du jour.
Même si tout amendement constitutionnel nécessite entre autres l'accord de l'ensemble des provinces et territoires en plus de celui du fédéral, le chef du PLQ ne croit pas que d'autres discussions entourant l'adhésion du Québec à la Constitution pourraient semer la zizanie dans le Canada.
«Ma position d'unir le Canada et d'unir le caractère spécifique du Québec est bien reçue partout», a assuré M. Couillard.
Ce dernier a réitéré qu'il voudrait conserver les cinq conditions figurant dans l'accord du lac Meech afin que le Québec puisse éventuellement signer la Loi constitutionnelle de 1982.
En appui à plusieurs projets 
M. Couillard s'est par ailleurs prononcé en faveur du controversé projet minier à ciel ouvert Mine Arnaud, à Sept-Îles, affirmant que les promoteurs du projet devront cependant se conformer aux recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin qu'il puisse aller de l'avant.
Le chef libéral a également réitéré son appui à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, mais a toutefois soulevé des interrogations quant à l'implication du gouvernement du Québec dans le projet.
«Je suis pour cela l'exploitation du pétrole au Québec, mais je ne veux pas que le contribuable soit placé au bâton au mauvais moment et de la mauvaise façon», a-t-il expliqué.
S'il remporte l'élection du 7 avril, M. Couillard dit avoir l'intention de «respecter la signature de l'État» quant aux ententes signées avec les entreprises pétrolières impliquées dans le projet, ajoutant que les ententes seraient toutefois examinées de près.
Il a également défendu le projet de 1 milliard $ de la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, qui recevra une aide financière gouvernementale estimée à 350 millions $.
«Elle va avancer, a laissé tomber M. Couillard. Nous voulons seulement nous assurer que le projet ne cannibalise pas les autres cimenteries québécoises.»
Les mauvaises conditions météorologiques ont également perturbé la tournée libérale sur la Côte-Nord en empêchant l'avion de l'équipe de M. Couillard de se poser en Gaspésie samedi. Une visite dans cette région de la province aura lieu plus tard, assuré l'équipe libérale.