En matinée, devant quelques dizaines de militants à Saint-Ours, en Montérégie, le chef des troupes libérales a martelé le même message: un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ.

Couillard en campagne dans les terres de la CAQ

La poussée de la Coalition avenir Québec (CAQ) risque de reporter Pauline Marois au pouvoir, a prévenu Philippe Couillard, samedi.
À moins de deux jours du scrutin, le chef libéral a mis en garde les électeurs contre la division du vote.  Il a lancé un appel au ralliement des sympathisants caquistes pour permettre au Parti libéral du Québec (PLQ) d'obtenir un mandat de gouvernement majoritaire le 7 avril.
«Je rappelle l'expérience vécue de 2012 où les Québécois et les Québécoises qui ont voté pour la CAQ se sont réveillés le lendemain avec le gouvernement péquiste et les conséquences qu'on connaît sur les pertes d'emploi, les finances publiques, la perte de confiance et la division parmi les Québécois. Il ne faut pas que ça se reproduise», a-t-il dit lors d'un point de presse à Victoriaville, dans les Bois-Francs.
M. Couillard redoute la montée de la CAQ que semblent confirmer les plus récents sondages. Flanqué de ses vedettes économiques Raymond Daoust et Carlos Leitão, le chef libéral a laissé entendre que la formation de François Legault était essentiellement un one-man show.
«La CAQ n'a pas d'équipe, c'est important de le dire parce que le jour de l'élection, chaque vote compte, chaque vote va faire la différence», a soulevé M. Couillard, reprochant au chef caquiste son penchant pour des clips télé sans substance.
Dans l'espoir de soutirer des appuis à la CAQ, le leader libéral n'hésite pas à faire vibrer la fibre de l'électorat sensible au discours de M. Legault. Ainsi, il promet lui aussi le «ménage» dans la bureaucratie et une réduction de la taille de l'État. En cette matière, il juge les intentions du chef caquiste soit irréalistes, soit trop radicales.
«J'écoute le mot "ménage" dans la bouche de M. Legault et, souvent, ça rime avec "saccage", un ménage sans contrôle, sans préoccupation pour les gens», a argué M. Couillard.
«Nous aussi, on veut faire le ménage, on veut réduire la taille de l'État, réduire le fardeau fiscal, diminuer le poids des programmes gouvernementaux, les réviser, mais avec une préoccupation constante d'une part pour les gens, et d'autre part pour le fait que les services publics, à la faveur de ce ménage, doivent être améliorés», a-t-il ajouté.
En matinée, devant quelques dizaines de militants à Saint-Ours, en Montérégie, le chef des troupes libérales a martelé le même message: un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ.
«Si vous voulez voter pour l'économie, la meilleure équipe, votez pour le Parti libéral du Québec. Si on vote pour la CAQ, on vote pour Mme Marois. On est tous bien d'accord là-dessus? On va le répéter à tous les Québécois dans tous les coins», a-t-il déclaré.
M. Couillard poursuit samedi son blitz effréné entamé jeudi dernier en sillonnant des terreaux caquistes en Montérégie, dans les Bois-Francs, en Beauce et dans la grande région de Lévis.
Le moral semble au beau fixe dans la caravane libérale avec la publication d'un nouveau sondage confirmant l'avance du parti dans les intentions de vote.
Le coup de sonde de la firme Léger, paru samedi dans le Journal de Québec et le Journal de Montréal, accorde 38% d'appuis au Parti libéral contre 29% au Parti québécois, 23% à la Coalition avenir Québec et 9% à Québec solidaire. Chez les francophones, le PQ reste encore le premier choix des électeurs avec 35% d'appuis, six point de pourcentage de plus que le PLQ.