Entre 250 000 et 300 000 visiteurs ont assisté au Bluesfest.

Clap de fin pour le Bluesfest

Il paraît loin le temps où l'entrée au Bluesfest coûtait 4 $, où les concerts s'étalaient sur trois jours et présentaient une dizaine d'artistes, à tout casser. C'était il y a 20 ans, exactement. Le budget alloué à la programmation représentait alors 40 000 $. Il s'élève cette année à 6 millions $ pour accueillir les Lady Gaga, Blake Shelton, Snoop Dogg et autres têtes d'affiche aimantant les foules. C'est dire le chemin parcouru en deux décennies par une manifestation qui attire désormais entre 250 000 et 300 000 visiteurs par édition !
Climatiquement parlant, le festival aura tout connu pour son vingtième anniversaire : estivale en début de parcours, l'humeur virait au gris mardi dernier, pour se conclure, hier, dans la fraîcheur, après qu'une vilaine pluie a tempéré les ardeurs jusqu'en milieu d'après-midi. À l'heure du bilan, pourtant, c'est un sentiment de beau fixe qui prévaut.
« Le premier week-end a connu un énorme succès, s'est félicité le directeur artistique Mark Monahan. Le spectacle de Lady Gaga nous a causé de nombreux défis logistiques mais son équipe s'est révélée très professionnelle. Sur scène, elle a été généreuse en interagissant souvent avec le public. En coulisses, c'est une personne très authentique. Je la réinviterais avec plaisir. »
Visuellement époustouflant, ce show-événement suivi par 28 000 festivaliers a confirmé l'élargissement d'une palette musicale où la notion initiale de « blues » est devenue une composante mineure des choix de programmation.
Cette année, l'affiche courtisait également les amateurs de musique country pop en invitant les stars Blake Shelton, Lady Antebellum, The Band Perry et Darius Rucker à se produire sur l'une des deux scènes principales. « Ça a plutôt bien marché », a commenté modestement le directeur artistique sur ces trois soirées à thème très prisées.
Nouvelle configuration
Quant à la nouvelle configuration du site dont l'entrée principale se situe désormais sur le côté du parc, il juge qu'elle n'a jamais été mieux adaptée à l'affluence et aux concerts simultanés sur plusieurs lieux.
Mark Monahan ne fait pas grand cas des interférences sonores que les artistes (et leurs spectateurs) ont pu expérimenter à la River Stage, située en contrebas de la scène principale. « Les artistes qui y jouaient avaient été prévenus et nous n'avons eu aucune plainte », s'est défendu le directeur, tout en rappelant qu'il n'y a programmé que des groupes au volume sonore susceptible de recouvrir la musique du concert adjacent...
Pour le reste, un public multigénérationnel s'est bien trémoussé également sur Blake Shelton, The Killers, Journey, sans bouder les pépites à découvrir ou à revoir sur les scènes périphériques : Trombone Shorty, les frères Alvin, The Mavericks ou encore le légendaire John Mayall, un fidèle des programmations Monahan qui joua ses premiers accords au Bluesfest en 1995 !
Et pour les aficionados du festival, un livre-anniversaire rédigé par le confrère du Ottawa Citizen, Chris Cobb, propose un travail colossal de recherche sur les deux premières décennies de la manifestation. Ottawa Bluesfest : celebrating 20 years (en anglais uniquement) retrace ainsi, année après année, les grands jalons d'une aventure devenue le rendez-vous musical incontournable de l'été, à Ottawa.