Changement de cap chez les Sénateurs?

Il a beau avoir une assez grosse tache à son dossier de négociateur, soit le départ de Daniel Alfredsson l'été dernier, c'est une bonne nouvelle pour les Sénateurs que Bryan Murray reste en poste pour deux autres années, plus deux autres ensuite comme consultant pour assurer la transition avec son éventuel successeur.
Le directeur général natif de Shawville a accompli du bon boulot depuis qu'il a succédé à John Muckler à l'été 2007, reconstruisant une organisation qui avait peu de relève en effectuant plusieurs bons coups au repêchage, la sélection d'Erik Karlsson en tête.
Je ne pouvais m'empêcher de trouver ironique cependant que Murray et le propriétaire Eugene Melnyk parlent de gagner la coupe Stanley pendant qu'il est encore dg, donc d'ici deux ans, en sacrifiant possiblement certains espoirs de l'équipe pour aller chercher un vétéran attaquant qui serait capable de jouer sur un des deux premiers trios d'ici la date limite des transactions, au début mars.
Rappelez-vous quand Alfredsson a quitté en claquant la porte le 5 juillet dernier, déclarant à l'origine qu'il signait comme agent libre avec les Red Wings de Détroit «pour avoir une meilleure chance de gagner la coupe Stanley», commentaire qu'il a plus tard repris en disant que les négociations au niveau monétaire avaient achoppé.
Alfredsson avait dit ce jour-là qu'il n'aurait jamais demandé à Murray de tenter de mettre tous ses oeufs dans le même panier pour gagner une coupe avant qu'il ne prenne sa retraite.
«Je pense qu'il y a trop de bonnes choses qui se passent, ils (les Sénateurs) devraient maintenir le cap, avait-il déclaré. Le flambeau doit être passé bientôt de toute façon. C'est mon raisonnement pour décider d'aller ailleurs, avec une équipe qui a plusieurs gars qui ont gagné auparavant... Je n'aurais pas eu la même drive, je pense, en restant pour être un mentor.»
«Très bon» noyau de jeunes
Pourtant, le septuagénaire Murray a dit hier que «l'objectif est d'y arriver pendant que je suis ici comme directeur général. Le noyau que nous avons est très bon, il est jeune», avant d'ajouter qu'il ne rechignerait pas à y ajouter de l'expérience en sacrifiant un ou deux joueurs d'avenir. «Nous sommes disponibles pour conclure un échange», a-t-il ajouté, spécifiant cependant que le premier choix de l'été dernier, Curtis Lazar, était un intouchable.
C'est bien beau d'entendre ça, alors qu'en début de saison, il était surtout question des Sénateurs comme étant un club avec un budget serré d'environ 50 millions$. Le nouveau contrat de télévision de la LNH permettra probablement à Melnyk d'ouvrir un peu plus les cordons de sa bourse, malgré un dollar canadien qui connaît des ratées.
Un été chargé
Il n'aura probablement pas le choix de le faire parce que plusieurs joueurs du «noyau» des Sénateurs devront négocier de nouveaux contrats au cours des prochains mois. Chris Phillips et Milan Michalek seront libres comme l'air le 1erjuillet prochain (Michalek risque de partir), tandis que le jeune gardien Robin Lehner le sera joueur autonome avec restriction. Un an plus tard, il y a des morceaux encore plus gros du casse-tête, Jason Spezza, Bobby Ryan, Clarke MacArthur, Craig Anderson et Marc Méthot, qui deviendront agents libres si les Sénateurs ne peuvent s'entendre avec eux.
«On comprend que nous avons environ cinq joueurs qui sont des morceaux importants de l'équipe actuelle sur qui nous devons prendre des décisions et négocier un contrat. On commence à se préparer à faire ça», a-t-il répondu sans nommer personne quand je lui ai posé la question à son point de presse téléphonique.
Les plus grandes décisions concerneront Spezza, qui est en perte de vitesse alors qu'il fait 7 millions$ par année, et Ryan, que les Sénateurs ne voudront pas perdre pour rien après avoir payé un prix élevé pour lui l'été dernier (Jakob Silfverberg, Stefan Noesen et un premier choix l'été prochain).
Ces décisions seront certes plus pressantes que de voir qui sera éventuellement appelé à prendre la succession de Bryan Murray à la barre de l'équipe. On peut présumer qu'après le départ de Tim Murray vers Buffalo, les deux nouveaux adjoints au dg promus hier, Pierre Dorion et Randy Lee, font partie du plan de succession. Mais ça, comme l'a dit Bryan Murray, c'est une discussion pour un autre jour.
«Nous allons évaluer les gens pendant un certain temps et décider ensuite ce qui va se passer. Mais ce n'est pas pour tout de suite, et j'espère que nous allons avoir beaucoup de succès entre maintenant et quand cette décision sera prise», a-t-il souhaité.
Je mettrais bien un «p'tit 2$» sur Pierre Dorion, sauf que d'ici 2016, il peut encore se passer bien des choses dans l'univers des Sénateurs.