L'usine White Birch, à Masson.

«C'est la fin d'un cauchemar» chez Papier Masson

Le dernier chapitre de la saga Black Diamond-White Birch pourrait bien avoir été tourné une fois pour toutes. Le consortium et le syndicat Unifor en sont finalement arrivés à une entente visant à entériner le nouveau régime de retraite des employés, a appris LeDroit.
Après des mois d'attente et de rebondissements, les 175 retraités de Papier Masson, qui reçoivent leurs rentes amputées de 55 % depuis plus d'un an, pourront prochainement toucher leur dû. Ils obtiendront 90 % de leurs prestations déterminées et l'argent sera versé rétroactivement en date du 1er décembre 2012, moment où les prestations ont été réduites par l'employeur. C'est le cas également des retraités des usines de Rivière-du-Loup et de Québec.
« C'est la fin d'un cauchemar. On va pouvoir tourner la page et passer à autre chose. Ces gens-là ont travaillé 35-40 ans pour faire de Papier Masson ce que c'est aujourd'hui et ils vont recevoir l'argent qu'ils n'auraient jamais dû perdre », a déclaré Richard Lahaie, président de la section locale d'Unifor pour Masson, jeudi.
Des rencontres regroupant les principaux intervenants du dossier étaient en cours depuis mardi afin de régler le litige portant sur le fonctionnement du nouveau régime qui devait entrer en vigueur le 13 septembre 2012. Une entente est survenue au terme de ces échanges.
L'entreprise souhaitait notamment pouvoir mettre fin à n'importe quel moment au régime de retraite sans avoir à consulter la partie syndicale, une clause qui n'a finalement pas été retenue. Un désaccord sur le pourcentage de contribution de l'entreprise au fonds de pension faisait aussi partie du différend.
Aucun obstacle
La signature des textes officiels du règlement doit se faire ces prochains jours et l'enregistrement du nouveau régime auprès de la Régie des rentes du Québec aura lieu au cours du week-end ou au plus tard au début de la semaine.
« Après, le processus pour compenser les retraités sera enclenché, mais on ne peut pas donner de délai pour les chèques », a indiqué M. Lahaie. Il soutient cependant que plus rien ne devrait causer d'embûches au bon déroulement des choses. « Il n'y a plus rien dans notre chemin. Il n'y a plus d'obstacle devant nous », a-t-il dit.
Joint jeudi par LeDroit, le directeur adjoint d'Unifor-Québec, Renaud Gagné, n'a pas voulu commenter la nouvelle. «Je ferai des commentaires le jour où ce sera signé», a-t-il simplement répondu.
Rappelons que la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, avait déclaré en novembre que les retraités de White Birch au Québec toucheraient leurs chèques de pension avant la période des Fêtes.
Cette promesse n'avait cependant pas été remplie, si bien qu'Unifor avait mis en demeure la papetière quelques jours avant Noël, sommant celle-ci de rembourser les 8,4 millions de dollars en prestations aux retraités des trois usines québécoises.