Un alpaga en cavale a été retrouvé dans le secteur Aylmer en novembre.

Ces histoires qu'on n'écrit pas

Le travail d'un journaliste judiciaire consiste la plupart du temps à rapporter des histoires qui crèvent le coeur. En cette période de réjouissances, soulignons celles qui nous font se dilater la rate. Les deux premières sont, disons-le avec un sourire en coin, « exclusives ». Elles n'ont jamais été publiées. Par manque de temps ou d'espace, on ne sait trop, ces anecdotes sont restées sur les tablettes. Récit.
Ce que la panique peut faire...
5 septembre. L'accusé comparaît pour alcool au volant et vol de voiture. Dans sa course, il a percuté un arbre. Il tente de s'expliquer, sous le regard dubitatif de la juge Lynne Landry et du criminaliste Marino Mendo.
« Madame la juge, j'ai pas volé l'auto. J'ai vu les clés dans le contact, pis le char qui marchait. J'ai voulu le tasser parce que des enfants pouvaient être en danger. Quand j'ai vu le proprio de l'auto sortir du restaurant en me criant après, j'ai paniqué et je suis parti avec l'auto. » Avant de partir pour la prison, il a regardé Me Mendo en souriant, conscient que son excuse laissait à désirer.
Les enfants auraient certes été en plus grande sécurité si aucun chauffard n'avait pris le volant...
Les culottes à terre
14 novembre. Improvisation mixte intitulée « Les culottes à terre ». Participants : la nouvelle juge Anouk Desaulniers, l'avocat Jacques Belley, une greffière, une agente correctionnelle, et l'accusé au pantalon trop large pour son tour de taille.
Au moment où l'accusé s'est levé pour témoigner, lors de son enquête sur cautionnement, le pantalon de celui-ci s'est retrouvé par terre. Menotté, il n'a eu d'autre choix que de recevoir l'aide de l'agente correctionnelle, assise derrière lui, pour remonter son pantalon.
Le malaise a été d'autant plus grand puisque le prévenu ne portait pas de sous-vêtement. « Excusez, madame la juge. »
Le personnel de la cour a eu le temps de « tout » voir. Cette histoire a marqué la semaine chez les habitués du palais de justice. L'avocat et son client - finalement libéré sous conditions - ont pris l'affaire en riant.
Je me souviens
Dans la catégorie « On l'a écrit, mais on ne s'en souvenait plus », nos finalistes sont :
Un Gatinois qui veut imposer ses tarifs lorsque la police l'arrête. Il demande 500 000 $ lorsqu'on lui passe les menottes pour « bris de confiance ». Il se dit « une personne naturelle de la Terre » - et esclave des autorités municipales.
Le chat de 25 livres et âgé de 12 ans, Napoléon, a dû être euthanasié par l'organisme de prévention de la cruauté envers les animaux d'Ottawa. Trop gros, dans un état de morbidité irréversible, il ne pouvait plus se laver. « Il ne pouvait plus rester debout, se laver et souffrait sous son pelage vicié par ses excréments », a déclaré l'inspecteur de la Ottawa Humane Society, Miriam Smith.
Un titre chouchou sur le ledroit.ca. Arrêté à Toronto pour cambriolage, l'homme d'Ottawa, qui se prénomme bien Ronald McDonald, n'aurait pas fait les manchettes si son nom avait été John Smith ou Jean Tremblay. L'homme de 46 ans portant le même nom que le clown du Big Mac n'entendait pas à rire: il perpétrait des introductions par effraction en plein jour, dans la Ville Reine et la capitale fédérale.
Dans la jungle des villes
La région a connu son lot d'animaux exotiques en captivité et en liberté. Un alligator et des dragons barbus à Cobden, des pythons, des boas et un caïman à Gatineau, puis un peu plus tard dans la même ville, une vipère, 16 pythons et un lézard saisis chez un propriétaire sans permis.
Sans oublier cet homme d'Ottawa qui a torturé des ratons laveurs, et ce chasseur des temps modernes qui, armé d'un arc, a atteint une outarde, dans le stationnement du Walmart, près de la rue St-Louis, à Gatineau. Par chance, aucun humain n'a été atteint dans ce secteur achalandé.
En novembre dernier, les policiers de Gatineau nous ont offert une sympathique tranche de vie, alors qu'ils ont retrouvé un alpaga en cavale, dans le secteur Aylmer. L'animal s'était échappé de sa ferme d'élevage.