Barry Brousseau a été décrit comme un homme travaillant, qui ne pouvait dire non lorsqu'on lui demandait un service.

«Ce n'est pas amusant»

«Vous aurez à vivre avec le fait que vous avez tué un homme. Pour le reste de vos jours. Je n'aimerais pas être à votre place.»
Ces paroles du juge Gaston-Paul Langevin ont suivi le prononcé de la sentence de huit ans d'emprisonnement imposée à Troy Allen, de Shawville, reconnu coupable d'homicide involontaire. 
M. Allen, qui avait consommé beaucoup d'alcool, s'en est pris à Barry Brousseau, un homme de 41 ans qu'il accusait à tort d'entretenir une liaison avec sa conjointe.
M. Brousseau, qui aurait consommé de façon plus modérée que son assaillant, a eu une empoignade avec ce dernier. M. Allen a pris un couteau de cuisine pour lui en administrer deux coups à la poitrine.
Cette sentence survient après une entente entre la Couronne et la défense, qui a pu faire réduire l'accusation de meurtre non prémédité à celle d'homicide involontaire.
Le peu d'antécédents judiciaires de l'individu et le fait que cette affaire a des allures «d'incident isolé» ont été pris en compte par le magistrat.
Troy Allen ne pourra posséder d'arme à feu pour le restant de ses jours. «La proposition commune m'apparaît raisonnable», a dit le juge. Ce genre de crime, selon la jurisprudence, est de 5 à 12 ans.
Lorsque le juge lui a dit qu'il n'aimerait pas être à sa place, l'accusé a répondu: «Ce n'est pas amusant.»
Les parents de la victime, dans une lettre adressée à la cour, ont dit à l'accusé qu'il avait volé leur sang et leur chair.
Les proches de Barry Brousseau ont souvent parlé de lui comme d'un homme qui n'était pas le genre à consommer de l'alcool outre mesure, en raison de sa situation médicale qui l'en empêchait. Il a été décrit comme un homme travaillant, qui ne pouvait dire non lorsqu'on lui demandait un service.
La famille n'a pas voulu commenter cette triste histoire, lundi.