Charlie, cinq ans, pesait 24 kg (53 livres) au moment de la vente. Un grand danois de son âge devrait normalement avoir un poids deux fois plus important, soit environ 54 kg (120 livres).

«Ce chien aurait dû être mort»

La Société protectrice des animaux (SPA) d'Ottawa a porté des accusations contre un homme pour des crimes liés à de la cruauté envers les animaux, lundi.
Le 20 janvier dernier, Jason Woodruff aurait vendu sur un site de petites annonces un grand danois dont il ne restait que la peau et les os.
Constatant l'état pitoyable de la bête émaciée, son nouveau propriétaire l'a immédiatement livrée à l'organisme de défense des animaux afin qu'elle reçoive des traitements.
Le directeur de la SPA, Bruce Roney, s'est dit sidéré par ce nouveau cas allégué de cruauté envers un animal.
Charlie, cinq ans, pesait 24 kg (53 livres) au moment de la vente. Un grand danois de son âge devrait normalement avoir un poids deux fois plus important, soit environ 54 kg (120 livres), indique M. Roney.
« On croit qu'il aurait été mal nourri durant plusieurs mois, ajoute-t-il. Nous étions très inquiets qu'il ne puisse pas survivre. Ce chien aurait dû être mort. Je n'ai jamais vu un chien aussi maigre et encore vivant, honnêtement. »
La bête est demeurée sous les soins des vétérinaires de la Humane Society durant deux semaines, durant lesquelles elle a gagné 5 kg (10 livres). Sa vie est maintenant hors de danger.
Le prévenu de 32 ans a été accusé d'avoir laissé un animal en détresse et d'avoir omis de lui fournir de la nourriture, de l'eau et des soins médicaux appropriés.
M. Woodruff risque deux ans de prison et une amende de 60 000 $, en plus d'une interdiction à vie de posséder un animal.
Jamais une sentence aussi sévère n'a encore été rendue par un tribunal ontarien.
M. Roney croit d'ailleurs que les tribunaux devraient faire preuve de plus de fermeté dans leurs jugements, afin de diminuer nombre croissant de cas de maltraitance envers les animaux domestiques.
« Nos lois sont progressistes et satisfaisantes à notre point de vue. Les sentences prévues sont justes, mais il est rare que les juges utilisent tous les outils qui sont à leurs dispositions, soutient M. Roney. C'est ce que nous demandons aujourd'hui. »