Casablanca, de David Giguère

David Giguère, moussaillon de Hisser haut, prend le large, destination Casablanca, où le chanteur décline sa peine d'amour sous forme de voyage intérieur. Un dédale porté par la brise électro-folk qui souffle doucement sur ses voiles élégantes.
Introspectif et mélancolique, Giguère explore cette « profonde entaille » avec un recul bienvenu. L'interprétation est ressentie, mais les textes sont assez ciselés (le dramaturge Emmanuel Schwartz l'accompagne à l'écriture) pour que ses idées noires perdent de leur impudeur. La voix feutrée, quel timbre charmant !, assume ses fêlures. Là-dessus, Jonathan Dauphinais et Jean-Phi Goncalves (c'est la grande famille d'Ariane Moffatt et de Beast) posent leurs petites mains habiles et leurs oreilles à la réalisation. Le concept n'a rien de nouveau mais, dans le genre, c'est la crème.
Mélodies et textures enveloppent ; puis les images surgissent, à la fois étrangères et familières, provoquant d'étranges frissons.