Le commissaire aux langues officielles Graham Fraser a déjà critiqué dans le passé le refus du gouvernement Harper de nommer uniquement des juges bilingues à la Cour suprême du Canada.

Cartes d'affaires unilingues: le commissaire Fraser a dû insister

Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a dû insister à deux reprises auprès du ministère des Affaires étrangères afin qu'il s'engage à détruire les cartes professionnelles unilingues anglaises du ministre John Baird. Et il lui aura fallu attendre plusieurs mois de plus avant d'obtenir un engagement ferme.
Dans son rapport de suivi daté du 5 mars, le commissaire Fraser souligne qu'il a dû revenir à la charge à une deuxième reprise après juillet 2013 parce que le ministère ne s'était pas pleinement engagé à suivre une première recommandation pour qu'il respecte les deux langues officielles sur les cartes professionnelles du ministre Baird. «Une deuxième recommandation a été émise afin de clarifier la première et d'assurer la pleine conformité à la Loi», explique le commissaire Fraser dans le rapport.
Ce n'est finalement qu'en janvier dernier que le ministère a répondu à la deuxième recommandation du commissaire formulée en septembre 2013.
«Le 22 janvier 2014, Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada a donné suite à l'avis de suivi et a confirmé que tous les outils de communication du ministère et du ministre en circulation au Canada et à l'étranger, incluant les cartes professionnelles et autres articles du ministère, reflètent l'égalité des deux langues officielles et contribuent à promouvoir la dualité linguistique du Canada», peut-on lire dans le rapport de suivi du commissaire Fraser.
Impératif français dénonce
Les longs délais entre le dépôt des plaintes et la fin de cette enquête sont inacceptables, dénonce le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, l'un des quatre plaignants dans ce dossier.
«Il aura fallu plus de deux ans depuis le dépôt des plaintes pour que le ministre John Baird annonce qu'il a enfin abandonné son affront à la francophonie et qu'il ne possède plus de cartes professionnelles en anglais seulement. Plus de deux ans! Pas étonnant de constater l'étendue des sentiments anti-francophones au Canada lorsque les ministres en donnent eux-mêmes l'exemple», déplore-t-il.