Perianne Jones, du club Nakkertok de Cantley, est montée deux fois sur le podium en Coupe du monde lors des deux dernières saisons.

Carburer au chocolat, skier vers le podium

Perianne Jones carburait au chocolat chaud et aux Smarties à ses premières années dans le ski de fond.
C'était le truc que ses parents avaient déniché à l'époque pour la motiver à parcourir les nombreuses pistes dans le parc de la Gatineau. Aujourd'hui, l'athlète du club Nakkertok de Cantley n'a plus besoin de friandises pour attaquer la neige.
Jones a pris le goût à autre chose. À monter sur le podium en Coupe du monde.
Un exploit que la femme âgée de 28 ans a réussi à deux reprises lors des deux dernières saisons.
Il y a eu le bronze au centre-ville de Milan, en Italie, en février 2012 en compagnie de Chandra Crawford lors de l'épreuve du sprint par équipe. Un an plus tard, Jones a répété l'exploit, mais avec sa coéquipière Daria Gaïazova.
Une troisième place obtenue à... Sotchi sur le même site qui accueillera les différentes courses des Jeux olympiques dans neuf jours. Un résultat qui a gonflé la confiance du duo qui skiera ensemble en Russie.
Conditions imprévisibles
«De savoir que nous avons connu du succès à cet endroit il y a un an, c'est très important. Sotchi, c'est un endroit imprévisible. Les conditions changent rapidement. Nous l'avons constaté l'an dernier, souligne Jones, qui se trouvait en Pologne au moment de l'entrevue.
«Un moment, tu peux avoir droit à un gros soleil qui plombe sur la neige. Puis quelques minutes plus tard, ça tombe de gros flocons de neige. C'est le pire cauchemar des farteurs. Nous avons appris que tout peut arriver.»
Il s'agira de sa deuxième participation aux Jeux olympiques.
En 2010 à Vancouver, Jones avait signé son meilleur résultat individuel, terminant 41e au sprint en style classique.
«Je ne suis pas la même skieuse qu'il y a quatre ans, note-t-elle.
«Je ne suis plus la fille qui n'avait aucune expérience, qui n'avait pas gagné de médailles en Coupe du monde. Oui, ce sont les Jeux. Mais tu dois l'aborder comme une autre course.»
Il reste que la pression sera forte sur Gaïazova et elle. Si le Canada doit monter sur le podium à une épreuve féminine, ce sera en sprint par équipe avec ce duo.
Les dirigeants de l'équipe nationale ont pris les grands moyens afin de s'assurer que la paire sera au sommet de sa forme à Sotchi.
«On a décidé de me faire commencer la saison de la Coupe du monde plus tard que les autres. J'ai manqué quelques fins de semaine de courses en décembre, indique Jones.
«Dans le passé, j'ai toujours connu des départs canon. Mais quand le mois de février se pointait, j'avais tendance à connaître une baisse de régime. L'idée, c'est de mettre toutes les chances de notre côté aux Jeux.»
Sotchi sera peut-être sa dernière aventure olympique. Mais il est déjà acquis qu'il ne s'agira pas de ses dernières courses en carrière.
Les championnats du monde de 2015 s'avèrent dans sa mire.
Mais avant de penser à ce rendez-vous, un autre projet retiendra son attention à son retour de Russie.
En avril, Perianne Jones prendra la direction du Nicaragua afin de participer à la construction d'une école. Elle sera accompagnée par d'autres skieurs.
Tous ces athlètes joindront leurs efforts à l'organisme Schoolbox d'Almonte, un village situé au sud-ouest d'Ottawa où Jones a grandi.
mcomtois@ledroit.com