Capital humain, de Monette

Il serait réducteur de juger le troisième opus solo de Serge Monette (Cormoran) à son premier extrait radio, Jour de chance, au folk canadiana assez convenu. Son éclectique Capital humain est coulé dans un rock nettement moins timoré.
Épaulé par Dave Draves, son complice aux claviers et derrière la console, le Franco-Ontarien plonge à coeur joie dans l'exploration sonore moderniste, dès les premières palpitations d'Îlot du vide. Le duo intègre ça et là toutes sortes de textures synthétiques grungy et de boucles rythmiques dont l'insolence, voire la hargne, fouettent les morceaux plus dénonciateurs. Car la critique sociale à la Springsteen - sa grande influence avouée - est toujours au détour du vers, chez Monette, qui parle ici d'endettement, de pauvreté, de solitude.
Propices à l'introspection et au retricotage de liens affectifs, la pièce titre et quelques bulles plus paisibles - à part L'Amour, un duo avec sa compagne, la chanteuse Patrice Robinson - nous font moins vibrer.