À l'approche des Jeux de Sotchi, on peut voir le visage de Caroline Calvé un peu partout.

Calvé par ici, Calvé par là

Sa binette se retrouve partout depuis quelques semaines.
Le magazine L'Actualité a mis sa photo sur la page frontispice de son édition de février. Le Comité olympique canadien (COC) et un des commanditaires, La Baie d'Hudson, l'ont choisi en compagnie de quelques autres athlètes pour leur campagne publicitaire à l'approche des Jeux, à Sotchi. Tantôt on l'aperçoit avec un chandail aux couleurs du Canada, tantôt avec des mitaines décorées d'une feuille d'érable.
Oui, Caroline Calvé est partout. Même sur des boîtes de céréales Cheerios et de barres tendres Nature Valley de la compagnie General Mills.
«C'est le fun de faire partie des athlètes qui ont été choisis pour cette campagne de publicité, mentionne la planchiste d'Aylmer.
«Je me rappelle quand j'étais petite. Je mangeais des barres tendres, souligne l'ancienne étudiante de l'école secondaire Grande-Rivière. Tu voyais des joueurs de hockey sur les boîtes. De me retrouver à mon tour là-dessus, ça fait drôle.»
Il y a une raison pour toute cette attention.
Les grandes corporations optent rarement pour un athlète qui finit à la queue du classement pour mousser un événement ou un produit. Tout le monde aime s'associer à des champions, à des gagnants.
Caroline Calvé fait partie de ce groupe élite depuis trois ans. Elle a gagné trois épreuves alpines de la Coupe du monde de surf des neiges durant cette période, terminant au troisième rang dans la course au globe de cristal l'hiver dernier.
Des résultats qui en font un espoir de médailles aux Jeux.
Canada Snowboard ne le cache pas. Il s'attend à la voir monter sur le podium dans 18 jours.
Cette pression, ça ne semble pas du tout déranger l'athlète âgée de 35 ans. «J'aborde toutes les courses avec le but de monter sur le podium», rappelle-t-elle.
À Vancouver où elle avait terminé 20e en slalom géant parallèle, Calvé tremblait dans la porte de départ. Elle n'avait pu s'entraîner la veille en raison de ses mauvaises conditions météorologiques.
La neige avait cédé sa place à de la gadoue sur la piste.
À Sotchi, Calvé promet de ne pas se laisser déstabiliser.
«Vancouver m'a ouvert les yeux, dit-elle, sur tout ce qui peut se passer, toutes les surprises qui peuvent arriver. Il avait fallu faire la course à froid.»
Maître d'elle-même
Chaque entraînement et course lors des quatre dernières années a servi à une chose. À développer en elle un «pilote automatique» quand vient le temps de s'élancer du haut de la piste.
«Je laisse mon corps faire le travail. Je suis capable de devenir maître de moi-même.»
Plus question de se laisser ronger par des imprévus.
«Les dernières années m'ont permis de devenir résiliente à toutes ces affaires-là. Je me concentre maintenant sur ce que je peux contrôler. L'expérience rentre en ligne de compte aussi.»
Donc pas surprenant d'apprendre que ses récents résultats ne semblent pas l'inquiéter.
Calvé a terminé 37e, 13e et 17e à ses trois dernières sorties en Coupe du monde après avoir gagné à Carezza à la mi-décembre.
«Je ne me pose pas plus de questions que ça», affirme-t-elle.