Pour Alain Sanscartier, le logo sur le manteau implique «des balises et des paramètres à respecter».

«Ça n'arrive pas juste à l'Ud'O» - Alain Sanscartier

Un peu partout au Canada, des dirigeants d'équipe de hockey amateur font circuler des notes de service à leurs joueurs en prenant l'exemple du scandale sexuel qui secoue la formation masculine des Gee Gees de l'Université d'Ottawa. Non seulement les joueurs doivent se rappeler qu'ils représentent une institution et une région, mais leurs entraîneurs doivent s'ouvrir les yeux sur ce qui se passe au sein de leurs équipes, lorsque la troisième période est terminée.
«De notre côté, c'est certain que, ce matin (mardi), nous avons découpé des articles de presse pour faire de la sensibilisation auprès de nos joueurs», explique le vice-président aux opérations hockey de l'Intrépide de Gatineau et coordonnateur du programme hockey sports-études à Nicolas-Gatineau, Alain Sanscartier. «Nous ne sommes pas les seuls à le faire.»
M. Sanscartier était à Vancouver lorsqu'il a entendu parler de cette présumée agression sexuelle en groupe perpétrée par des joueurs des Gee Gees sur une jeune femme, dans la région de Thunder Bay.
Les Sénateurs visitaient les Canucks pour la Classique Héritage, cette fin de semaine, et la nouvelle des Gee Gees s'est rendue sur la Côte Ouest. «J'en entendais parler là-bas et j'en entends encore parler à Gatineau.»
Pas un cas unique
Ce genre d'histoire à caractère sexuel n'est pas le propre des Gee Gees, rappelle M. Sanscartier. «Ça n'arrive pas juste à l'Université d'Ottawa. Ce n'est pas unique à cette seule équipe. À ces âges-là - des adolescents ou de jeunes adultes -, il faut multiplier les gestes de sensibilisation.»
Les directions des équipes sportives doivent ouvrir les yeux, dit-il. «On ne peut pas se cacher... Parfois j'ai l'impression qu'on fait semblant de ne pas voir. Moi, à titre de représentant d'une institution qui travaille dans un modèle d'affaires scolaire, je lève un drapeau parce que ce genre d'incident peut faire beaucoup de dommages collatéraux (...) Quand tu gardes les infos pour toi, tu deviens complice. Après une affaire comme celle-là, le cycle du doute s'est installé. Le regard sur les joueurs est différent. C'est rendu une grosse bibitte. Ce n'est pas juste régional, c'est national.»
Leçons
M. Sanscartier est convaincu que plusieurs équipes rendront leurs politiques plus sévères sur la vie de groupe des équipiers.
M. Sanscartier croit que cette histoire est «encore trop brouillonne» pour la commenter directement, et reste prudent sur ses commentaires. «Ce genre d'histoire, c'est le pire cauchemar pour des entraîneurs. C'est ce qui a de pire, peut-être, avec des histoires de drogue.»
Le mal est déjà fait quant aux perceptions du public sur les Gee Gees, même si aucune accusation n'a encore été portée contre l'un ou l'autre de ses joueurs, observe l'analyste.
Ldebacher@ledroit.com