L'année dernière, le gouvernement Harper a mis en place des changements visant à augmenter graduellement les cotisations des employés de façon à ce qu'elles atteignent la parité avec celles de l'employeur, et il a augmenté l'âge minimal de la retraite pour les nouveaux fonctionnaires.

C-525: pas de «déluge de plaintes» sur l'accréditation syndicale

Le «déluge de plaintes» invoqué par un député conservateur pour justifier le projet de loi C-525 modifiant le Code fédéral du travail n'existe pas, affirme le critique libéral du Travail, Rodger Cuzner.
«Aucun appel, aucun courriel, aucune pétition ou demande pour comparaître devant le comité. Les seuls qui semblent y tenir viennent du gouvernement conservateur», a déclaré le député Cuzner à la suite de l'étude en comité parlementaire du C-525.
Le projet de loi vise la Loi sur les relations de travail au Parlement et la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique afin de prévoir que l'accréditation d'un syndicat à titre d'agent négociateur ou la révocation d'une telle accréditation sous le régime de ces lois est subordonnée à l'obtention d'une majorité de votes exprimés lors d'un scrutin secret.
L'étude du projet de loi C-525 a pris fin après seulement deux heures et demie de témoignage cette semaine. Et même en si peu de temps, explique le député libéral, le comité a entendu des gestionnaires et des syndicats et des experts en relations de travail expliquer que «ce projet de loi causerait plus de tort qu'il n'aiderait à améliorer les relations de travail au pays».
Pour défendre le dépôt de son projet de loi controversé, le député conservateur albertain Blaine Calkins avait fait valoir en octobre 2013 qu'un nombre important de plaintes étaient faites au Conseil canadien des relations industrielles par des travailleurs contre les syndicats pendant les campagnes de maraudage, a rappelé le député Cuzner.
Lors de sa comparution devant le comité parlementaire, le Conseil canadien des relations industrielles a toutefois indiqué que seulement deux plaintes de pratiques déloyales avaient été faites sur les 4000 décisions rendues en 10 ans, a rappelé le député Cuzner, soulignant qu'on était loin d'un déluge de plaintes comme l'avait affirmé le député conservateur.
À l'Alliance de la fonction publique du Canada, on estime que le véritable objectif du C-525 est d'empêcher les travailleurs de se syndiquer. «En ce moment, un scrutin de représentation a lieu pour 18 à 20% des demandes faites en vertu du Code canadien du travail. En ordonnant la tenue d'un scrutin dans tous les cas, le gouvernement quintuple la charge de travail du Conseil. Celui-ci devra consacrer plus de ressources humaines et financières à cette tâche... mais son budget est gelé. Plus il y aura de scrutins à organiser, plus le processus d'accréditation sera long et plus les employeurs auront de temps pour s'ingérer dans le processus», indique-t-on à propos du projet de loi.
«Le projet de loi C-525 ouvrira la porte à une plus grande intimidation de la part de l'employeur qui, dans le cas qui nous occupe, est soit le gouvernement, soit une entreprise dans un secteur de compétence fédérale», croit pour sa part le Syndicat canadien de la fonction publique dans son analyse.