Le joueur des Sénateurs Bobby Ryan contourne le centre des Flames, Paul Byron, dans le plus récent match entre les deux équipes, cette semaine.

Byron s'accroche à la LNH

Paul Byron a bien failli rater une rare opportunité de jouer devant ses parents, dimanche.
Il a quitté Calgary ce week-end pour entreprendre le dernier long voyage de la saison régulière mais il n'a pas l'esprit tranquille. Sa conjointe demeure à la maison. Elle pourrait accoucher à n'importe quel moment.
« Je lui ai laissé le numéro de téléphone de tous les préposés à l'équipement. Au besoin, elle peut aussi rejoindre les entraîneurs. D'ici la fin de la semaine, je ne m'éloignerai pas trop de mon propre téléphone », confiait le joueur avant le match d'hier soir.
Il est clairement fébrile.
« Nous avons déjà un enfant. Une petite fille. Cette fois, nous n'avons pas demandé le sexe. Ce sera une surprise. La seule chose que je sais, c'est que nous n'aurons plus le temps de nous ennuyer quand ce deuxième bébé sera parmi nous. »
Lorsque le grand jour viendra, Byron pourra quitter ses coéquipiers avec l'esprit tranquille. Les Flames l'accueilleront à bras ouverts lorsqu'il sera prêt à retourner au travail.
Un jour, bébé Byron et sa grande soeur pourront dire que leur papa est un joueur de la Ligue nationale de hockey.
À sa cinquième saison dans les rangs professionnels, le hockeyeur d'Ottawa a finalement fait le grand saut. Les Flames l'ont rappelé de leur club école à la fin du mois de novembre. Il n'a jamais donné la chance à ses patrons de le renvoyer dans la Ligue américaine.
« Il a vraiment beaucoup de mérite », reconnaît l'entraîneur-chef Bob Hartley.
Le coach ne peut rien garantir pour la suite des choses.
Même s'il a raté les 25 premières parties de la saison, Byron est le neuvième attaquant le plus productif à Calgary. Lorsqu'il a sauté sur la patinoire du Centre Canadian Tire, hier, il présentait aussi le deuxième meilleur différentiel de son équipe. Seul son capitaine Mark Giordano le devançait.
Jouer pour convaincre
Cet été, à titre de joueur autonome avec compensation, il devra quand même convaincre le directeur général de lui consentir le premier contrat à sens unique de sa carrière.
« Tous les joueurs, tous les entraîneurs de la Ligue nationale doivent livrer un combat de tous les instants pour rester. Avec tout son coeur au ventre, avec toute l'énergie qu'il dépense, je crois que Paul est sur la bonne voie. Il n'est cependant pas différent des autres. Il doit recommencer à faire ses preuves chaque jour. Au hockey, ce que tu as fait hier ne compte plus aujourd'hui. »
Byron confiait avant le match qu'il lui a fallu longtemps avant de se sentir pleinement à l'aise chez les pros. Du même souffle, il a laissé savoir qu'il commence à se sentir un peu comme à la belle époque des Olympiques de Gatineau.
Dans les rangs juniors, il pouvait compter sur Claude Giroux pour l'aider à terroriser les clubs adverses.
Byron a toujours beaucoup d'admiration pour son ancien partenaire de trio. « Il est clairement un des meilleurs joueurs de la ligue en cette fin de saison », dit-il.
Il n'aspire pas pour autant à lui ressembler. « J'ai tôt fait de comprendre que, pour atteindre la LNH, je devais devenir un bon attaquant à caractère défensif. J'ai travaillé très fort à ce niveau au cours des dernières années. »
« Aujourd'hui, je suis fier de dire que je peux jouer n'importe où. Je peux jouer dans n'importe quel trio. Je suis un spécialiste des infériorités numériques qui peut aussi dépanner lors des attaques massives. Prêt à tout pour aider mon équipe. »